Coronavirus : amers, 185 étudiants en médecine de l'ULB adressent une lettre ouverte au recteur

Des étudiants en dernière année de médecine à l'ULB interpellent les autorités académiques
Des étudiants en dernière année de médecine à l'ULB interpellent les autorités académiques - © David Stockman - Belga

C’est un solide pavé dans la mare que viennent de lancer 185 étudiants en dernière année de médecine à L’ULB. Ils adressent une lettre ouverte aux autorités académiques de leur Université et à la Ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny.

Engagés dans la lutte contre le Covid19

Les signataires rappellent leur engagement dans la lutte contre la pandémie, ne comptant pas leurs heures dans les hôpitaux en tant que futurs médecins, au mépris de leur santé, avec tous les risques que cela comporte pour la santé de leurs proches : prise de température aux entrées des hôpitaux, tri sous les tentes Covid, aide aux soins intensifs, tri aux urgences, aide en maison de repos ou en maison médicale, aide en soins infirmiers, etc.

La fin de l’année académique approchant, les étudiants se sont évidemment progressivement inquiétés des modalités de leurs travaux et examens de fin d’année, parmi lesquels le mémoire. Et c’est ici que le bât blesse, estiment les auteurs de la carte blanche.

Une réponse floue, autoritaire et intimidante

Pour de nombreux étudiants, la crise sanitaire a mis à mal la finalisation des mémoires de fin d’études. "Le recrutement des patients est devenu compliqué voire impossible", écrivent-ils. "Les promoteurs sont devenus difficilement joignables ou débordés, laissant des étudiants livrés à eux-mêmes, de nombreux laboratoires de recherche ont dû fermer. Le mémoire a donc été compromis pour énormément d’étudiants voire annulé pour certains […]"

Face à une situation inédite et exceptionnelle, les étudiants de la promotion 2020 espéraient une attitude bienveillante de la part des autorités facultaires. La réponse de leurs enseignants les a laissés "acculés, incompris et méprisés". Des termes forts mais soigneusement pesés nous a assuré un des auteurs de cette lettre ouverte.

Les étudiants demandaient "d’adapter la fin de notre long et éprouvant cursus de manière à le finir dans la dignité, tout en permettant aux étudiants qui le souhaitaient de s’engager pleinement sans conséquences curriculaires dans le combat contre le Covid-19". Une demande qui leur paraissait d’autant plus raisonnable que leurs homologues de l’UCL ont bénéficié, dès le mois de mars, d’un allègement de moitié de la matière de leur examen final et de la suppression de la défense de mémoire.

Or, en tout et pour tout, la Faculté leur a accordé un délai supplémentaire de 15 jours pour le dépôt de leur mémoire de fin d’études et pour l’examen final. Quant à ceux et celles dont le mémoire a dû être annulé à cause de la crise, la seule solution proposée, dénoncent les signataires, a été de le présenter en seconde session. Ce qui revient, de facto, à pénaliser ces étudiants pour le choix des futures spécialités, les places étant comptées.

La réponse du Recteur

Yvon Englert se dit particulièrement sensible aux difficultés des étudiants qui ont été engagés dans la lutte contre le Covid19. Mais concernant l’examen de fin d’études, il s’agit d’une synthèse des connaissances assimilées au cours des six années d’études de médecine et il n’est pas envisageable, aux yeux de l’ULB, de couper dans la matière pour l’examen final. En revanche, lorsqu’il s’agira d’évaluer le degré de maîtrise de la matière, le jury d’examen "tiendra évidemment compte de la situation dans laquelle on est, y compris, éventuellement, de ce qu’ils ont appris pendant la crise", précise le Recteur.

En revanche, Yvon Englert n’a pas encore de réponse à apporter aux étudiants lésés par l’annulation de leur mémoire de fin d’études à cause de la crise. Il juge légitimes les inquiétudes par rapport au choix des spécialités mais n’a pas encore trouvé la solution aux problèmes soulevés dans la lettre ouverte.

En conclusion, le Recteur invite les étudiants à considérer les aspects positifs de la crise sanitaire. Ils auront appris énormément de choses sur leur métier : "même si ça les a handicapés au niveau de certains des apprentissages standards, la crise leur a permis de grandir en un temps record et fait aussi partie de l’apprentissage du métier", conclut Yvon Englert, par ailleurs lui-même médecin.

 

"Hôpitaux: les stages reprennent", un sujet du JT du 24 avril dernier