A Watermael-Boitsfort, des habitants dénoncent des logements sociaux insalubres

Des logements sociaux vétustes rue de l'Elan
Des logements sociaux vétustes rue de l'Elan - © Rtbf

Le bloc de logements sociaux de la rue de l'Elan, proche de la voie de chemin fer, existe depuis les années 1920. Hormis les toitures, les habitations n'ont bénéficié d'aucune rénovation majeure depuis leur construction. Elles présentent donc, pour la plupart, des signes manifestes de vétusté et ne disposent généralement que d'une salle de bain sommaire et exiguë. Bref, ces logements gérés par la société "En Bord de Soignes" ne correspondent plus aux standards actuels en matière de confort et d'isolation.

Des locataires se plaignent

Au mois de mars, plusieurs habitants de la rue de l'Elan contactent la conseillère communale DéFI Sandra Ferretti pour se plaindre de l'état de leurs logements. L'élue boitsfortoise réalise à cette occasion une vidéo qu'elle vient de mettre en ligne sur page Facebook. "J'ai été abasourdie de constater dans quelles conditions ces personnes vivaient", explique Sandra Ferretti. "Je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose puisque les pouvoirs publics, depuis des années, ne font rien".

La société de logements sociaux annonce un investissement de 4,5 millions pour la rénovation en profondeur du parc de logements. "J'y croirai quand je le verrai", poursuit la conseillère communale de l'opposition. "Les habitants attendent depuis des années des rénovations en profondeur, pas du bricolage. Ces gens se retrouvent parfois sans chauffage en plein hiver et on leur dit que c'est à eux de faire les réparations ou de payer les factures des réparations. On leur donne des chauffages d'appoint, ce sont vraiment des conditions dans lesquelles on ne s'imagine pas que les gens puissent se trouver dans une commune aussi riche."

De l'humidité plein les murs

Espérance vit dans l'un de ces appartements vétustes. Le mur de sa toilette est noir à cause de l'humidité persistante. La jeune femme le nettoie régulièrement à l'eau de javel mais rien n'y fait. Dans la pièce voisine, "de l'eau ruisselle sur le mur chaque hiver. L'appartement est dans un tel état que mon fils a demandé à pouvoir aller vivre chez son père en Angleterre alors que j'en avais la garde. Ses copains d'école ne voulaient plus venir ici, ils ne voulaient pas aller aux toilettes, ils allaient faire leurs besoins dehors." Quand Espérance a emménagé, il y a un peu plus de deux ans, l'appartement était déjà en triste état. Elle a bien pensé à refuser d'y entrer mais une employée de la société de logements lui aurait fait comprendre qu'un refus risquait de lui faire perdre son ordre de priorité et de la remettre tout en bas de la liste d'attente. D'autres locataires livrent le même témoignage. La plupart ne connaissent pas leurs droits face au secteur du logement social.

Bientôt une rénovation

La société immobilière de service public (SISP) "En Bord de Soignes" est née en 2016 de la fusion de plusieurs sociétés actives à Watermael-Boitsfort, Auderghem et Woluwe-Saint-Pierre. Le directeur actuel, Aziz Sopi, n'était donc pas en fonction quand les locataires que nous avons rencontrés ont emménagé. Avec l'architecte d'EBDS, il s'emploie à mettre en oeuvre le plan de rénovation des appartements de la rue de l'Elan. "Nous sommes ici face à des personnes qui vivent dans des conditions difficiles auxquelles nous devons être attentifs. C'est vraiment un enjeu pour notre société d'être proche des locataires. (...) Nous avons un projet de grosse rénovation, pour lequel nous avons informé les locataires. Fin septembre nous avons fait une visite d'appartement témoin pour leur dire "voila le logement dans lequel vous allez vous retrouver dans deux, trois, quatre ans". (...) Nous voulons que les personnes qui sont dans ces logements puissent, quand les travaux seront terminés, rester dans ce quartier-là. (...) Lors des visites, je n'ai pas entendu des personnes qui étaient dans le "je ne veux pas rester dans ce quartier" ou "c'est inadmissible les conditions dans lesquelles vous nous faites vivre". On n'a pas eu ça."

Pas de plaintes?

Il n'y aurait donc pas ou peu de plaintes formelles ou même informelles auprès d'EBDS, qui ne serait donc pas en mesure d'intervenir puisque la société n'a bien entendu pas accès aux logements de ses locataires sans leur accord. Les quelques personnes que nous avons rencontrées affirment pourtant avoir formulé des griefs. Si tout se déroule comme prévu, EBDS espère entamer les travaux de rénovation fin 2019 ou début 2020.  

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