A Schaerbeek, les files s'allongent pour les colis alimentaires de Saint-Vincent de Paul

La crise sanitaire accentue la précarité. Ce n'est évidemment pas un scoop. De nombreuses personnes ont dû arrêter de travailler et ne disposent plus d'aucun revenu. D'autres ont été mises au chômage économique et se sont donc vus amputés d'une partie de leur salaire. 

De plus en plus de demandes de colis alimentaires

A Schaerbeek, la Société de Saint-Vincent de Paul distribue des colis alimentaires chaque mercredi et jeudi entre 10 et 13 heures. Ce matin, les premiers bénéficiaires sont arrivés dès 7 heures et ont commencé à faire la file. Vers 11 heures, la queue s'allongeait sur plus d'une centaine de mètres et l'association philanthropique avait distribué quelque 200 tickets d'attente. 


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Obtenir un témoignage s'avère difficile. De nombreuses personnes déclinent à cause de leur mauvaise connaissance du français. Et puis, avouer à un journaliste qu'on ne parvient pas à boucler ses fins de mois et qu'on doit recourir à la charité publique pour manger à sa faim, cela n'a rien d'évident. 

"Si on ne vient pas ici, on n'a rien"

Un homme d'un certain âge accepte pourtant de se confier. Il se rend à Saint-Vincent de Paul une fois par mois environ. "Je viens chercher de la nourriture. Ca nous aide beaucoup parce que je suis vraiment sans ressources pour l'instant. C'est un coup de chance qu'il y ait ces gens-là pour nous aider."

Le colis alimentaire constitue donc une aide appréciable. Mais de quoi se compose-t-il? 

"Ca consiste en la nourriture pour la semaine, un peu de farine, du poisson, du lait, des produits de première nécessité. Ca m'aide beaucoup, sans ça je ne saurais pas quoi faire pour manger."

Beaucoup plus loin dans la file, une dame, prépensionnée, tient à peu près le même langage. 

"J'ai eu quelques petits soucis personnels qui ne regardent personne et c'est impossible pour moi de m'en sortir sans venir ici, impossible. (...) Ma voisine, par exemple, si elle ne vient pas ici, elle n'a rien."

Des files multipliées par trois

Cédric Droyers est le responsable de la distribution des colis alimentaires chez Saint-Vincent de Paul. Il constate une forte augmentation des demandes d'aide, qu'il attribue bien évidemment à la crise sanitaire. 

"Ca s'est amplifié de jour en jour avec le bouche à oreilles et c'est devenu énorme. Les bénéficiaires sont pour la plupart des personnes qui travaillaient et à cause de la crise, elles ont perdu leur emploi ou sont en chômage économique et avec leur famille, elles ne s'en sortent plus pour aller faire leurs courses au magasin."

 Malgré l'augmentation des demandes, la Société de Saint-Vincent de Paul parvient à satisfaire tout le monde avec l'appui des banques alimentaires. 

 

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