A quoi servent donc ces cameras intégrées aux panneaux publicitaires de Clear Channel ?

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Illustration - © Pierre Vandenbulcke (RTBF)

Dix panneaux publicitaires à écran tactile avec caméra intégrée viennent d’être installés par la société Clear Channel qui loue ces espaces publicitaires. Ce procédé interpelle.

Céline Delforge, députée bruxelloise Ecolo, attendait patiemment le tram à l'arrêt Louise quand elle découvre "dans un montant (du panneau), un objectif caché discrètement derrière la vitre teintée.

La caméra comme "miroir de l'image en temps réel"

Ces caméras seraient couplées à des écrans tactiles. Michel Jadoul, directeur Marketing chez Clear Channel, minimise l’affaire et suggère "d’envisager (la caméra) comme un miroir qui filme et retransmet, sans enregistrement, l’image en temps réel. On peut imaginer des applications où les personnes font partie d’un décor..."

Il s’agirait donc d’une action plutôt ludique où les passants peuvent interagir avec une sorte de photomaton qui proposerait via une application de se filmer dans un contexte, un décor, une animation 3D.

Toutes les images et les données seront immédiatement effacées

Mais, ce dispositif interpelle néanmoins Céline Delforge pour qui toute une série de questions reste sans réponse. Elle s’interroge sur le fait que les gens soient d’accord d’être filmés à l’arrêt de bus. Elle se demande aussi s’il n’y a pas lieu là à une récolte de données personnelles : les images, les profils Facebook …

Clear Channel tente de rassurer et précise que "toutes images et données seront immédiatement effacées".  Michel Jadoul souligne que "les données en tant que telles n’ont aucune valeur, pour nous."  On pourrait craindre également que ce type de données servent à certaines études sur le comportement des consommateurs. Il n’en serait rien, toujours selon le directeur marketing.

Clear Channel assure que ces caméras ne fonctionnent pas pour l'instant. La Ville de Bruxelles qui lui a attribué la concession ne lui donnera en tous cas pas l'autorisation de les exploiter avant d'avoir reçu l'avis de la commission de la protection de la vie privée. Avis qu'elle n'avait visiblement pas prévu de solliciter avant le début de la polémique.

Pour le collectif Espace Public Sans publicité, ce dispositif est extrêmement problématique dès lors qu'il filme des gens dans la rue. Camille est membre de ce collectif, il s’inquiète : "Qu’est-ce qui nous garantit que les images ne sont pas prises ? ‘On a mis des cameras mais on ne prend pas des images’. Alors, pourquoi a-t-on mis des caméras? "

Camille estime que "ces publicités occupent l’espace public de manière militaire; l’espace est quadrillé, les affiches sont là et elles nous surveillent avec des caméras."

 

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