Accès limité à la "zone apaisée" à Ixelles: 35 000 amendes en 5 mois

La chaussée d'Ixelles est le cœur d'une zone apaisée où la circulation des véhicules est limitée.
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La chaussée d'Ixelles est le cœur d'une zone apaisée où la circulation des véhicules est limitée. - © RTBF

Depuis la mise en place d'une zone apaisée sur la chaussée d'Ixelles et dans certaines rues adjacentes, plusieurs dizaines de milliers d'amendes sont tombées. Entre le 15 octobre, date de la mise en service du système de verbalisation automatique et le 15 mars, pas moins de 35 000 automobilistes ont été sanctionnés.

De là est née une polémique : le chef de file d'Objectif Ixelles, Geoffroy Kensier, n'hésitait pas à qualifier cette zone de machine à sous de la majorité Ecolo-PS. Il faut dire qu'à 58 euros par verbalisation, ce ne sont pas moins de deux millions d'euros qui sont rentrés dans les caisses de la commune. 

Dans les faits, chaque jour, plusieurs centaines de véhicules sont sanctionnés. Après six mois d'activité, Yves Rouyet, échevin ixellois en charge de la mobilité, dresse un premier bilan. Si peu de contravention sont dressées pour des infractions commises sur la chaussée d'Ixelles, ce sont les rues Saint-Boniface et Francart qui posent problème. Ces rues sont quotidiennement empruntées par des automobilistes non-autorisés. D'où la pluie d'amendes.

L'échevin insiste en rappelant les règles en vigueur depuis juillet dernier dans le quartier. "De 7h à 19h, seuls les transports en commun et les véhicules autorisés peuvent circuler dans la nouvelle zone apaisée", souligne l'élu. 

La signalisation en question

Pour bien comprendre, la zone apaisée concerne donc la chaussée d'Ixelles, entre la Chaussée de Wavre et la rue Souveraine, mais également les rues du Berger, du Prince Royal, Francart, Saint-Boniface et Ernest Solvay. Mais toutes ces rues ne sont pas radicalement interdites à la circulation. 

L'accès est limité dans la rue du Berger et sur une partie de la chaussée d'Ixelles (en vert sur la carte ci-dessus). Seuls les véhicules autorisés, comprenez les voitures des riverains ayant un garage, les livraisons et les transports en commun, peuvent s'y engager. Les zones piétonnes, la rue de la Longue-vie et le prolongement de la rue Saint-Boniface, sont quant à elles proscrites à la circulation. 

En revanche, les autres rues de la zone apaisée (en mauve sur la carte éditée par la commune) restent accessibles pour les riverains. Mais pour cela, les habitants du quartier doivent avoir entrepris des démarches auprès de l'agence régionale chargée du stationnement. "Il existe une "white list" des plaques minéralogiques pour lesquelles le système de reconnaissance ne va pas délivrer de sanction", explique Yves Rouyet.

"Chaque ménage a droit à une autorisation d'accès pour deux plaques", ajoute l'élu. Cependant, tous les riverains ne semblent pas avoir entrepris les démarches pour obtenir ces autorisations. "Parmi toutes les amendes, certaines ont été adressées à des riverains", souligne une conseillère en mobilité à Ixelles. 

"Tout le monde tombe sur la commune, mais il s'agit là d'un système de la région", indique encore Yves Rouyet. En effet, de nombreux riverains ont fait part de leur mésaventure à la commune. Celle-ci n'a pu que les inviter à régulariser leur situation auprès du service régional de la mobilité.

De plus, selon les plaignants, le système de signalisation doit être repensé. Là encore il s'agit d'une compétence de la région. Mais la commune l'admet : "les gens ne comprennent pas forcément les panneaux, peut-être cela s'explique aussi pour certains par un manque de connaissance du Code de la route", avoue une conseillère en mobilité de la commune. 

Bref, des polémiques et une tension qui persistent, et qui ne favorisent pas l'apaisement de la zone.

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