A Etterbeek, la majorité MR-ECOLO-PS aimerait bien en reprendre pour six ans

Les Jardins de la Chasse, encore au stade de projet
Les Jardins de la Chasse, encore au stade de projet - © Architectes Jaspers & Eyers

A Etterbeek, le mayorat du libéral Vincent De Wolf est solidement arrimé à une large majorité. Sa Liste du Bourgmestre (LB) a recueilli 17 sièges sur 35 lors du scrutin de 2012, frôlant la majorité absolue. Comme en 2006, la LB a choisi de s'allier à Ecolo (6 sièges) et au PS (5 sièges). Dans l'opposition, DéFI (3 élus) et le CDH (4 conseillers) attendent des jours meilleurs. Les trois partenaires sont au moins unanimes sur un point : leur équipe a bien fonctionné malgré d'inévitables divergences sur certains dossiers et tous envisagent de refaire alliance après 2018 si le résultat des élections le permet. Ils ont même annoncé avoir conclu un accord pré-électoral.

Une majorité contente de son bilan

Pour Ecolo-Groen, l'échevin et prochaine tête de liste Rik Jelema se félicite du bilan du collège ainsi que du respect dont sa formation politique a bénéficié de la part du MR. Sur des thèmes d'actualité comme le TTIP, les sanctions communales administratives pour les mineurs ou des dossiers de mobilité à l'échelon régional, les Verts ont pris leurs distances avec la LB sans que cela assombrisse leurs rapports avec le bourgmestre. Comme ses partenaires, Rik Jelema pointe parmi les principales réalisations la mise en chantier des "Jardins de la Chasse", qui rassemblera sur un même site la nouvelle maison communale, le CPAS, une crèche et des logements moyens. Comme le PS et la LB, Ecolo-Groen se réjouit de la prochaine rénovation de la Place Jourdan. L'échevine Marie-Rose Geuten, après deux mandats, ne se représentera pas. 

Au PS, Rachid Madrane s'est essentiellement consacré à son portefeuille ministériel au cours de la législature. Il emmènera la liste le 14 octobre prochain mais, en cas de décumul des mandats, choisira le niveau régional. Pour lui, le principal acquis de la majorité est d'avoir "sorti la tête de l'eau" sur le plan financier. Etterbeek n'est désormais plus sous plan d'assainissement régional et a retrouvé des marges de manoeuvre, ce qui a permis de baisser les additionnels à l'IPP en 2017 et de répéter l'opération en 2018. "C'était un engagement de notre part. Etterbeek affichait le taux d'additionnels à l'IPP le plus élevé de la Région. Nous sommes dorénavant dans la moyenne". Passage de flambeau aussi pour Rik Baeten, l'échevin SP.a, 65 ans, qui laisse la place aux jeunes.

Le bourgmestre candidat à sa succession

Vincent De Wolf sera bien entendu candidat à sa succession. Celui qui est également chef de groupe au parlement bruxellois et avocat a fêté en janvier 2017 ses 25 ans de mayorat. Le bourgmestre sortant souligne lui aussi l'assainissement des finances communales et la baisse des impôts locaux. Contrat de quartier durable, Jardins de la Chasse et Place Jourdan new look figurent également au rang des succès revendiqués par le bourgmestre. Mais Vincent De Wolf se projette déjà dans l'avenir en réfléchissant au devenir de l'actuelle maison communale, vouée à disparaître. "J'y verrais bien des logements moyens à loyer plafonné, l'installation au rez-de chaussée de la polyclinique Baron Lambert, qui manque de visibilité, ainsi que l'antenne locale d'Actiris". S'il était amené à choisir entre son mandat de bourgmestre et un siège de député, Vincent De Wolf opterait pour le mayorat.

DéFI en embuscade, CDH avide de changement

Sur les bancs de l'opposition, la tonalité varie selon qui s'exprime. Le CDH Damien Gérard tirera la liste l'an prochain, succédant à André du Bus, qui la poussera. Il parle d'une majorité "qui occupe le terrain et le pouvoir sans aucune cohérence de projets. Chacun fait un peu ce qu'il veut de son côté". Pour Damien Gérard, le contrat de quartier durable est le plus beau projet de la législature, "même si le bourgmestre ne l'admettra pas". Un contrat de quartier dont l'élu CDH attribue une part du mérite au lobbying exercé par son parti au sein du gouvernement régional. Le conseiller communal sortant ne partage pas l'enthousiasme du collège dans le dossier de la nouvelle Place Jourdan. Pas sur le fond mais en raison de l'incapacité de la majorité à avoir fait aboutir la rénovation en deux législatures. Par ailleurs, Damien Gérard dénonce l'investissement démesuré de la commune dans le bâtiment abritant la Friterie Antoine : près de 500.000 euros. "C'est un acteur économique majeur du quartier, c'est un fait", explique l'élu démocrate-humaniste. "Il draine chaque jour des centaines de personnes. Mais on n'a jamais vu le contrat de bail au conseil communal et le collège nous a demandé de voter une augmentation du montant des travaux, ce que nous avons refusé."  Pour 2018, le CDH travaille à un projet axé sur la qualité de vie dans les quartiers parce que, pour ce parti, Etterbeek est davantage une collection de quartiers reliés par des grands axes qu'une commune avec une identité homogène. Damien Gérard espère un changement de tête à Etterbeek parce que "25 ans de De Wolf, c'est assez".

Le ton se veut plus apaisé, plus constructif aussi, chez DéFI. Comme en 2012, c'est l'avocat Christophe Gasia qui conduira la liste amarante. S'il relève la meilleure santé financière de la commune, il l'attribue essentiellement aux aides régionales. Et il regrette que le collège n'ait pas baissé les impôts dès 2015, alors que les moyens le permettaient. DéFI également juge les montants consacrés à la Friterie Antoine trop importants et la construction trop imposante. Christophe Gasia déplore le peu d'intérêt du collège pour la lutte contre les excès de vitesse et le stationnement sauvage. Preuve de son opposition constructive qui sonne un peu comme un appel du pied, DéFI n'a voté contre aucun des budgets de la commune mais s'est abstenu. Le parti espère progresser en pourcentage et en sièges lors du scrutin du 14 octobre prochain.

 

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