A 85 ans il peint avec des graffeurs au cœur de Bruxelles

Edmond Jamoulle devant son portrait pour le projet Interfaces
Edmond Jamoulle devant son portrait pour le projet Interfaces - © RTBF

Une œuvre composée de 40 portraits monumentaux a été inaugurée hier rue Ravenstein, à deux pas de la Gare Centrale. Il s’agit du projet "Interfaces" de l’ASBL Urbana active dans l’art urbain.

L’ASBL a passé un accord avec l’entrepreneur qui démolit actuellement l’énorme bâtiment Fortis, un chantier de démolition entouré d’une palissade, et c’est sur cette palissade que le projet Interfaces a été réalisé.

L’ASBL a rassemblé 40 artistes et leur a proposé de réaliser chacun un portrait d’environ 3 mètres de haut. Urbana s’est principalement adressée à des artistes issus du graffiti, mais pas uniquement, elle a aussi proposé à des photographes, des graphistes ou des peintres plus classiques et notamment à Edmond Jamoulle, l’aîné des artistes pour ce projet  âgé de 85 ans.

"Le dinosaure des cinémas"

Edmond Jamoulle est un artiste qui réalise des peintures monumentales à Bruxelles. Depuis plus de 60 ans, pour le projet Interfaces, il a peint aux côtés d’artistes beaucoup plus jeune que lui issus du graffiti. "Je suis dans le cinéma depuis 65 ans, explique l’artiste, on m’appelle d’ailleurs le dinosaure du cinéma ! En fait, je peignais toutes les façades de cinémas à Bruxelles, je m’occupais de 30 salles, Eldorado,  Acropoles,  Avenue, bref tous les cinémas ! Et puis en 2000, ils ont arrêté de peindre les façades et ils ont remplacé ça par des affiches et de l’informatique, j’ai donc dû me recycler."

Edmond Jamoullle poursuit toutefois sa carrière dans son atelier, il réalise des décors pour des salles notamment et c’est lors de l’événement les Géants  d’Anderlecht qu’il a rencontré les responsable de l’ASBL Urbana, ils lui ont proposé de réaliser un des portraits du projet Interfaces. "Beaucoup d’artistes ont travaillé avec des bombes de peintures ici, explique l’artiste un peu amusé, moi j’ai travaillé sur une toile dans mon atelier comme j’ai l’habitude de le faire depuis 65 ans et ensuite on a collé ma toile sur la palissade et j’ai peint le contour. Ici, je suis le plus ancien, j’ai peint à côté de gamins de 20-25 ans, je suis vraiment heureux d’avoir travaillé avec eux, ils ont fait des choses formidables ! Il faudrait organiser plus d’événements de ce genre à Bruxelles !"

Les 40 portraits du projet Interfaces sont à voir rue Ravenstein à Bruxelles encore durant plusieurs mois.

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