Expo: 35 ans de culture hip-hop à Bruxelles à Bozar

A partir du 28 juin, Bozar propose une exposition qui retrace 35 ans de culture hip-hop à Bruxelles. Bozar plonge ainsi dans les archives du mouvement hip-hop depuis les années 80 jusqu'à nos jours. 

La culture hip-hop est née dans les années 70 aux Etats-Unis avant d'arriver à Bruxelles dans le courant des années 80, à la base, c'est principalement le graffiti et le breakdance qui sont apparus dans les rues bruxelloises, un peu avant le rap.

Le graffeur RAGE notamment est l'un des tout premiers à avoir peint des murs à Bruxelles:" Bruxelles au milieu des années 80 n'avait rien à voir avec le Bruxelles d'aujourd'hui, c'était extrêmement gris, extrêmement sinistre, limite incolore! Et donc pour moi, c'était le foisonnement de couleurs, les roses, les oranges, les turquoises, les dégradés, bref, mettre de la couleur sur les murs! C'est vraiment ça qui personnellement m'a mis des étoiles dans les yeux! Quant à la réaction des gens quand ils nous voyaient placer un tag ou un graf en rue, ils nous regardaient avec des yeux écarquillés! C'était ça la situation au milieu des années 80".

Le premier album de rap français est belge

La première pièce de l'expo propose des archives de cette époque, des photos de graffitis, des croquis, des habits de l'époque, des "blackbook" de l'époque aussi, autrement dit des carnets dans lesquels les graffeurs gardaient leurs croquis ou collaient les photos des fresques qu'ils avaient réalisées.

Toujours dans cette première salle sur les débuts du hip-hop, on trouve quelques archives du groupe Benny B. Il y a notamment une vieille télé qui retransmet l'extrait de la toute première apparition d'un groupe de rap français à la télévision, une archive de l'INA où l'on voit Benny B chez Jacques Martin.

Le groupe BRC est également mis à l'honneur, BRC (Bruxelles Rap Convention) qui a sorti le tout premier album de rap français, avant le premier album des Français d'Iam (De la Planète Mars 1991) ou la célèbre compilation française Rapattitude volume 1.

La suite de l'exposition est découpée par décennies. Après les années 80, on arrive aux années 90. Des années durant lesquelles le hip-hop est devenu plus revendicatif. On le découvre dans l'expo à travers des images plus sombres où le tag prend de plus en plus de place dans les rues bruxelloises. Les textes des rappeurs deviennent aussi plus virulents et moins naïfs que ce qui se faisait dans la décennie précédente.

A partir des années 2000, la culture sort de plus en plus de l'ombre, le hip-hop sort de l'underground pour se populariser et se professionnaliser. En rap, on le découvre à travers le groupe Starflam ou bien plus tard avec des rappeurs comme Scylla. En graffiti également, cette popularisation se produit, notamment à Bruxelles avec l'artiste Bonom que tout Bruxelles va progressivement découvrir.

Enfin, à partir de 2010, le hip-hop sort de ses limites, que ce soit dans le graffiti, le rap ou la danse. Chacune de ces décennies est illustrée dans l'expo à travers des archives sonores et visuelles ou même des œuvres installées ou réalisées dans l'exposition.

Pas facile de satisfaire tout le monde

La difficulté de ce type d'exposition c'est de trouver et de satisfaire son public. La culture hip-hop étant restée assez longtemps une culture underground, l'exposition doit pouvoir à la fois la faire découvrir à un public qui ne la connait pas du tout et aussi contenter les spécialistes qui sont plongés dedans depuis de nombreuses années.

"Le public à qui on nous demande de nous adresser est très large, explique Benoit Quittelier l'un des commissaires de l'exposition. On souhaite que les puristes s'y retrouvent et valident l'expo. Et puis en même temps la moyenne d'âge du public de Bozar c'est 54 ans et il faut que ce public s'y retrouve et puisse aussi découvrir des choses".

C'est sans doute là tout le défi de l'exercice. Difficile de dire si l'objectif sera atteint, une chose est sûre, le public averti y trouvera bon nombre d'archives que l'on n'a pas souvent l'occasion d'observer, principalement sur le début du mouvement, quant au public moins connaisseur, il aura beaucoup de choses intéressantes à découvrir à condition de fortement s'impliquer dans l'exposition et de prendre le temps de lire, d'écouter ou de regarder les nombreux documents présentés.

 

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