32 appartements sociaux privés d'eau chaude et de chauffage à Saint-Josse

Un immeuble de 8 étages privé d'eau chaude et de chauffage
Un immeuble de 8 étages privé d'eau chaude et de chauffage - © Rtbf

Nous en sommes au cœur de l'hiver. Février est traditionnellement le mois le plus froid de l'année. Heureusement, pour l'instant, les températures sont plutôt clémentes pour la saison. Depuis le week-end dernier, tous les appartements du bloc de logements sociaux du 49 de la rue Saint-François, à Saint-Josse-ten-Noode, sont privés de chauffage et d'eau chaude. En cause, une panne de chaudières et des pièces de rechange qui se font attendre.

La tour de huit étages abrite 32 logements, occupés par des personnes âgées aussi bien que par des familles avec de jeunes enfants. Les logements dépendent des HBM (Habitations à Bon Marché), une société de logements sociaux connue de longue date pour sa gestion chaotique. Ce n'est d'ailleurs pas un responsable des HBM que nous avons (fortuitement?) rencontré sur place mais l'échevin du Logement de la commune, Philippe Boïketé, venu s'informer de la situation.

Une chaudière en panne depuis un an

Deux chaudières alimentent le bâtiment en eau chaude et en chauffage. Elles sont censées fonctionner en parallèle, l'une compensant les éventuelles faiblesses de l'autre. Or, depuis un an, une des deux chaudières est en panne. L'entreprise chargée de la maintenance et les HBM se renvoient la balle, tant et si bien que la seconde chaudière, surexploitée, a fini par cesser de fonctionner samedi ou dimanche (les avis des habitants divergent sur ce point). L'origine de la panne est connue, reste à présent à trouver la pièce défectueuse pour effectuer la réparation. C'est désormais chose faite, assure l'échevin du Logement, qui insiste pour que la chaudière soit encore relancée ce mercredi.

Des habitants qui grelottent

En attendant, depuis quatre jours, les habitants du 49 rue Saint-François grelottent dans leurs logements. Le mécontentement gronde. Annick Bodson est la référente des locataires auprès des HBM: "Mardi, n'ayant pas de nouvelles, ni de l'entreprise de maintenance, ni des HBM, j'ai contacté l'assistante sociale des HBM qui s'est débrouillée pour nous fournir des petits radiateurs d'appoint. Mais je sais très bien que notre facture d'électricité va augmenter. Le problème, c'est que la société de logements sociaux ne dispose pas d'assez de radiateurs pour tous les locataires. Donc on a privilégié les enfants et les personnes âgées. Mais même avec ce radiateur, il fait exactement 14° chez moi. Donc, je dois mettre mon fils de 3,5 ans au premier étage, parce que j'habite au 8e et plus on est en hauteur, plus la température descend. Hier, il m'a fallu 4h30 pour chauffer des marmites pour pouvoir laver mes enfants."

Ce qui énerve au plus haut point les locataires, ce sont les pannes à répétition depuis plusieurs années et le manque de réaction des HBM. La secrétaire du directeur-gérant (en congé) affirme que la société a fait le maximum pour limiter les inconvénients pour les habitants. Quant à la chaudière en rade depuis un an, la direction des HBM affirme ne pas être au courant et renvoie la balle dans le camp de l'entreprise chargée de la maintenance, qui n'a pas envoyé de devis et n'a donc pas non plus alerté les HBM au sujet de cette panne. La direction des HBM espère un retour à la normale pour ce jeudi.

 

État des lieux des logements sociaux bruxellois

Peut-on parler d’un cas isolé, d’une situation exceptionnelle au sein des logements sociaux bruxellois ? La question a été posée à José Garcia. Le secrétaire général du syndicat des locataires estime que ce n’est " malheureusement pas exceptionnel et qu’il arrive même que de telles pannes peuvent encore mettre plus de temps à être résolues." Il précise par ailleurs que, " au vu de la vétusté de certains logements", des chaudières tombent fatalement en panne au moment où elles sont le plus sollicitées.

Des chaufferettes qui affolent les compteurs doivent faire l’objet d’indemnisation, selon José Garcia.

Pour lui, "C’est un minimum. Quand la chaudière est en panne, il faut quand même que les gens se chauffent et que la société puisse donner à tous ses locataires des chaufferettes ou des moyens pour se chauffer. Nous mettons en garde, et les sociétés et les dirigeants politiques, car il y a une augmentation de la consommation électrique. Et, cette consommation sera aussi paradoxalement répercutée au niveau des calorimètres. Donc, il y aura une double consommation. Nous disons donc aux sociétés qu’elles doivent prévoir des indemnisations qui tiennent comptent des charges à payer."

Le logement social bruxellois est insuffisant ou mal géré.

José Garcia dénonce le fait que "10% des logements sociaux sont vides en raison d’un manque de rénovation. C’est quand même très important. La région doit effectivement faire un effort dans la rénovation. " Outre l’insuffisance de logements, il pointe aussi des logements sociaux très âgés et regrette des sous-investissements relativement important en matière de rénovation. "Nous plaidons pour qu’on rénove les logements vides et qu’on entretienne les logements occupés. "

Quant au choix de rénover ou investir, il faut savoir que, selon José Garcia, le budget pour investir dans de nouveaux logements existe. Il estime néanmoins que "aujourd’hui, vu les difficultés que les sociétés ont à construire de nouveaux logements, il faut plaider pour qu’il y ait peut-être plus d’argent du côté de la rénovation et un peu moins du côté des nouvelles constructions."

 

 

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