Bruxelles: l'année 2017 sera décisive pour le chantier du Stade National

Le futur Stade National prévu sur le Parking C, proche de l'Atomium
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Le futur Stade National prévu sur le Parking C, proche de l'Atomium - © Ghelamco

Le chantier du futur Stade National, en projet pour le parking C près de l'Atomium, attise les tensions en Région bruxelloise. L'année qui commence sera celle où le projet décolle ou s'enlise. 

Un projet assez colossal: 60 000 places assises pour des matches les weekends, mais aussi et surtout pour des matches de l’Euro 2020, l’actuel Stade Roi Baudouin au Heysel ne permettant pas de les accueillir. Il y aura aussi sur ce parking, en bordure de ring, deux autres bâtiments circulaires pour des événements et des bureaux, pour des revalidations de sportifs, pour des entreprises,... Le tout est planifié dans un timing assez serré. Un pari.

Le temps est compté

Ce chantier devrait durer plus de deux ans et pour un nouveau stade de cette dimension, il faut toujours compter plusieurs mois de rodage, pour tester notamment le dispositifs de sécurité. Ce chantier devrait donc commencer en ce début d'année pour être prêt pour l'Euro de football. 

Les opposants au Stade estiment que ce délai est bien trop court pour un projet qui tienne la route, d'un point de vue légal entre autres.

Le promoteur Ghelamco, la Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise répètent, eux, qu'il n’y aura aucun problème. Ils veulent dur comme fer ce stade à cet endroit et ont déjà dépensé beaucoup d’argent en études préparatoires et en honoraires d'avocats.

L'enquête publique a commencé

Le projet devrait connaitre une orientation décisive en ce début d'année: le permis d’urbanisme est à l’examen à la commune de Grimbergen et l'enquête publique qui précède ce permis est en cours pour encore 2 semaines. Jusqu'au 20 janvier, chacun peut aller consulter les plans à la commune de Grimbergen ou à la Ville de Bruxelles et remettre son avis. Les avis remis par écrit à la Ville de Bruxelles seront traduits et envoyés à Grimbergen. 

Dans la foulée, le permis d’urbanisme sera accordé ou non. Le promoteur espère un permis en février et le début des travaux en mai.

Une décision délicate pour Grimbergen

Ce permis sera-t-il accepté? Difficile de faire de pronostic. La Ville de Bruxelles et la Région veulent ce stade et le terrain appartient à la Ville. Mais l'endroit est situé tout juste sur la commune voisine Grimbergen, qui se trouve en Région flamande, donc juste au-delà de la frontière régionale et linguistique.  

Et à Grimbergen, ce tonitruant projet bruxellois met mal à l'aise. D'abord parce qu'il tiraille la majorité communale. L'impact environnemental du stade ne plait pas à Groen. Mais l'Open VLD, dans la majorité aussi, défend le projet porté à Bruxelles par un ministre Open VLD, Guy Vanhengel. 

Il y a des avantages comme des inconvénients: la perspective de nouvelles rentrées financières pour la commune, d'emplois nouveaux, mais aussi de nuisances.

Ce sera aussi un îlot d’activités bilingues dans une commune de Flandre, une commune de périphérie attentive au caractère flamand de son territoire. La NVA, dans l'opposition, y a du poids et a déjà fait savoir qu'elle y voit un risque de "francisation".

Tous ces éléments seront bien soupesés par les autorités communales, avec les élections de 2018 en ligne de mire. Grimbergen devra trancher avec tout cela en toile de fond.

Des opposants prêts à l'attaque

Il y a des rues résidentielles aux abords du parking C. Leurs habitants se sont groupés en comité de quartier, très opposés à ce stade. Paul Verbist en fait partie, il habite une rue qui longe le terrain, son jardin aura vue sur le stade.

"N’importe qui en Belgique qui un jour est passé par Bruxelles s’est bien rendu compte qu’à hauteur de l’Atomium, le Ring est encombré même le samedi, le dimanche, le soir avec Kinepolis: ce ring est toujours aujourd’hui saturé et les travaux d’aménagement qu’ils prévoient ne vont absolument rien changer, parce qu’à ce niveau-là on ne va rien ajouter, au contraire ça va encore être pire" estime ce voisin.

Outre la mobilité, les riverains s'inquiètent aussi pour la pollution de l’air, les décibels de la sono, le parking sauvage. Le comité de quartier et plusieurs associations environnementales annoncent déjà des recours si le permis passe, en espérant au moins retarder et donc peut-être compromettre ce projet.

"C’est finalement toute une vie de travail qu'on a à perdre, c’est beaucoup plus qu’un terrain de football" explique Paul Verbist. "La maison dans laquelle on vit aujourd’hui, je comptais bien la revendre pour pouvoir partir en pension et maintenant grâce au Stade, je suis condamné à rester là parce que jamais personne ne voudra la racheter. Donc on va engager les frais nécessaires et on va faire toutes les démarches possibles et imaginables dans le cadre de la loi".

Le Stade sera-t-il un grand chantier en 2017 ? Ce sera en tout cas déjà un feuilleton de 2017 avec de gros enjeux en termes d'argent public, d'environnement, d'emploi et de cohabitation linguistique.

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