17 familles avec 37 enfants à la rue après la fermeture du centre Poincaré

Un samusocial débordé et qui doit faire des choix impossible
Un samusocial débordé et qui doit faire des choix impossible - © BRUNO FAHY - BELGA

Le centre du boulevard Poincaré à Anderlecht a fermé ses portes mercredi matin, laissant 17 familles, composées de 78 personnes dont 37 enfants, à la rue, a indiqué Christophe Thielens, porte-parole du Samusocial.

Une cinquantaine de personnes, environ 34 adultes et 22 enfants, sont devant le centre entourées par des associations comme Samenlevingsopbouw Brussel et Pigment.

Le centre avait été rouvert sous mandat de la Région le 4 mai dernier, à la suite de la fin du plan hiver. "On avait une garantie de financement jusqu'au 31 mai et là on ne dispose d'aucune demande de prolongation de la part de la Région", explique Christophe Thielens.

"Le nombre de familles est aujourd'hui impressionnant, mais c'est une réalité qu'on connaît depuis des années. En dehors de l'hiver, on doit refuser chaque semaine des familles en demande d'hébergement. Le nombre de familles en errance augmente. La plupart sont en situation irrégulière. Les ressortissants des pays de l'est n'ont pas d'adresse officielle et tout Européen qui n'enregistre pas d'adresse officielle dans les 3 mois est en situation irrégulière. Il n'a donc droit à aucune aide sociale de l'État. Il devient dès lors presque impossible de mettre en place des accompagnements vers des solutions légales de sortie de rue. Il y a des familles qu'on connaît depuis des années et on ne trouve pas de porte de sortie. Beaucoup vont dans des squats ou dans des campements comme à Laeken et la problématique est invisible".

Le Samusocial dans l'incapacité d'accueillir tout le monde en dehors du plan hiver

Le Samusocial a hébergé 797 personnes en familles durant le plan hiver. Mardi, 258 personnes (68 familles) étaient encore hébergées entre le centre Poincaré, le centre familles de Woluwe-Saint-Lambert d'environ 130 places et le centre d'accueil d'urgence. Plus de 5OO personnes en familles ont donc été orientées vers des solutions de sortie de rue.

Aujourd'hui, le Samusocial accueille toujours 50 familles, soit 177 personnes dont 113 enfants. Deux chambres d'urgence pour environ 10 places seront maintenues libres. "Pendant le plan hiver, on peut donner une place à tout le monde", commente Christophe Thielens. "Le reste de l'année, on doit faire des choix impossibles". La capacité totale d'accueil du Samusocial est de 280 places, contre 1.200 en hiver.

Une situation dénoncée par les défenseurs des droits de l'enfant

"Une solution structurelle doit être trouvée à ce problème humain récurrent au coeur de la capitale de l'Europe" s'insurge Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant. "Nous passons de mesures temporaires à d'autres mesures provisoires au mépris de l'intérêt supérieur de ces enfants dont certains sont nés en Belgique"

"Une Task Force qui devait mettre autour de la table toutes les autorités compétentes a pourtant été créée, il y a de cela plusieurs années déjà, sous la présidence du Ministre-Président de la Région de Bruxelles Capitale (...) Ce budget réparti entre les communes doit bénéficier soit à des publics fragilisés (réfugiés, sans-abri) soit à des publics oubliés (Roms ou gens du voyage)."

"Nous recommandons qu’une partie de ces moyens soit affectée en urgence à la prise en charge de ces familles avec de nombreux enfants afin d’assurer la continuité de l’hébergement et de l’assistance éducative qui, seules, permettront aux enfants de rompre avec le cercle de la pauvreté."

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