Une employée de GSK témoigne: "Le plan de restructuration est une bonne chose, il était temps de le faire"

Une employée de GSK témoigne : "Le plan de restructuration est une bonne chose, il était temps de le faire"
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Une employée de GSK témoigne : "Le plan de restructuration est une bonne chose, il était temps de le faire" - © ERIC LALMAND - BELGA

Un conseil d’entreprise a lieu ce mercredi chez GSK, le premier depuis l’annonce d’un vaste plan de restructuration la semaine dernière. 720 emplois sont menacés (en majorité des cadres) et 215 contrats temporaires devraient passer à la trappe. Les syndicats tenteront bien sûr de limiter la casse, ils ont rendez-vous aujourd’hui avec la direction pour le tout début des discussions dans le cadre de la procédure Renault.

Dès l’annonce de la restructuration, les syndicats se disaient surpris par son ampleur. Mais ce qui se passe aujourd’hui n’étonne pas tout le monde. Voici le témoignage d’une employée qui a préféré conserver l’anonymat. Elle travaille chez GSK depuis plus de trente ans.

"Cette boîte, je l’ai dans la peau, confie-t-elle. J’ai toujours aimé travailler là, je trouve qu’on fait un chouette boulot, qu’on fait en plus un boulot utile, on fabrique des vaccins."

Effectifs et désorganisation

Enthousiaste et optimiste, cette employée jette pourtant un regard sévère sur le mode de fonctionnement de l’entreprise qu’elle a vu se transformer et grandir au fil du temps. Grandir trop vite en ce qui concerne les effectifs, selon elle.

"Quand je suis entrée chez GSK, on était environ un millier de personnes. En l’an 2000, on est passé à 2000 membres du personnel. On est maintenant à 9200 ou quelque chose comme ça. Il y a évidemment beaucoup de choses qui se justifient parce qu’on produit beaucoup, on produit aussi des choses plus diversifiées et en plus grandes quantités. Il fallait donc que ça grandisse, mais ça n’a peut-être pas grandi de la bonne manière, ou pas aux bons endroits en tout cas."

Ainsi, dans certains services, le nombre d’employés et de cadres aurait augmenté de façon exagérée, presque sans contrôle.

"Rajouter éternellement des mains ne résout pas le problème de fond qui est que s’il y a autant de boulot, c’est peut-être parce que les choses ne sont pas organisées de la bonne manière. Par exemple vous aurez dix personnes qui vont faire presque la même chose, mais chacune un peu à sa façon. Elles ont apparemment chacune une valeur ajoutée, mais peut-être que ces dix personnes, on pourrait les réduire à sept ou huit."

Loin d’être efficace, le mode de fonctionnement de GSK serait même contre-productif.

"Dans certains jobs, on perd beaucoup de temps à chercher la bonne personne, la bonne info, vérifier les infos, savoir à qui on a affaire… Je pense qu’on passe aussi beaucoup de temps là-dedans."

Une bouffée d’air frais

Ce qui devait arriver arriva donc, selon cette employée qui n’a pas été surprise par l’annonce du plan de restructuration, ni par son ampleur.

"Cela fait très très longtemps que ces choses se disent entre collègues, qu’il faudrait réorganiser, qu’il y a trop de monde, qu’un jour ou l’autre on va mettre la clé sous le paillasson, poursuit-elle. Ce qui se passe maintenant, c’est qu’un groupe de personnes a décidé qu’on n’allait pas mettre la clé sous le paillasson, mais qu’on allait remettre de l’ordre où il faut en remettre."

Notre employée-témoin redoute évidemment de perdre son boulot. Elle a aussi une pensée pour ceux qui se retrouveront sur la touche sans l’avoir souhaité, tandis que d’autres partiront de leur plein gré pour rebondir ailleurs. Mais elle estime ce qui se passe aujourd’hui est une bonne chose pour GSK. Elle parle même d’une bouffée d’air frais, qui aurait dû arriver bien plus tôt. La restructuration aurait fait moins de dégâts.

Sujet du journal télévisé du 7/02/2020

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