Une colonie de chauves-souris va-t-elle empêcher la démolition de l'ancienne école de Gistoux?

De nombreux habitants du village veulent conserver ce bâtiment en mauvais état. Les chauves-souris vont-elles faire pencher la balance?
2 images
De nombreux habitants du village veulent conserver ce bâtiment en mauvais état. Les chauves-souris vont-elles faire pencher la balance? - © Hugues Van Peel - RTBF

C’est une information qui risque bien d’alimenter la controverse qui agite la commune de Chaumont-Gistoux depuis quelques semaines à propos de l’ancienne école de Gistoux. Un promoteur souhaite raser le site et construire à cet endroit un ensemble d’appartements et de commerces, ce qui ne plaît pas à certains habitants très attachés à la préservation du bâtiment. Une demande de permis a été introduite, mais il est apparu récemment qu’une colonie de chauves-souris, des sérotines, s’était installée dans les combles. Cette colonie est même l'une des plus importantes parmi les douze recensées jusqu'à présent en Brabant wallon (elle compte une soixantaine d'individus). La présence de ces petites bêtes pourrait-elle compromettre le projet immobilier?

La question est complexe et la réponse est nuancée. Les sérotines ne vont pas forcément contrarier les plans du promoteur, mais elles vont sans doute au moins les retarder. Car cette espèce de chauves-souris est protégée. Et la loi est très stricte. Il est par exemple interdit de détériorer ou de détruire des sites de reproduction ou des aires de repos, ou encore de perturber intentionnellement les mammifères.

Des dérogations à ces interdictions sont néanmoins possibles, selon différents motifs. Par exemple s’il s’agit d’empêcher des dommages importants aux cultures ou si c’est pour agir dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques.

Sans dérogation, pas de démolition?

Le promoteur doit donc demander cette dérogation à la Région wallonne. S’il ne l’obtient pas, le bâtiment ne pourra sans doute pas être démoli, et le promoteur, s'il n'abandonne pas son projet, sera contraint de le remanier sérieusement. Mais s’il obtient cette dérogation, le promoteur ne pourra pas non plus faire n’importe quoi.

L’association Natagora, qui suit le dossier de près, vient de rendre un avis à la commune à ce sujet. Elle estime qu’il faudrait préserver la colonie mais elle ne s’oppose pas à la démolition du bâtiment, reconnaissant que son état est très dégradé. Cependant, si on devait en arriver là, il faudrait respecter certaines conditions. Natagora estime par exemple qu’une démolition ne pourrait pas avoir lieu tant qu’il y a des chauves-souris à l’intérieur. Il faudrait donc attendre la période propice, quelques semaines au début de l’automne, durant lesquelles les mammifères quittent le gîte.

Des gîtes alternatifs

Ensuite, il faudrait aménager des gîtes alternatifs pour permettre aux sérotines (et peut-être à d’autres espèces) de revenir s’installer dans les environs pendant la durée des travaux. Et faire en sorte que le bâtiment qui sera construit à la place de l’ancienne école soit lui aussi aménagé pour accueillir des chauves-souris.

Bref, selon Natagora, c’est un plan de bataille qu’il faut imaginer dès à présent pour préserver ces mammifères, en concertation avec les services concernés. Et tout cela prendra du temps. On peut penser que même s’il obtient le feu vert pour démolir l’ancienne école, le promoteur ne pourra pas y toucher avant au moins un an.

Notez enfin que l’enquête publique sur le projet de l’ancienne école de Gistoux vient de s’achever. Elle a suscité de nombreux avis et commentaires dont le collège communal prendra connaissance prochainement, avant de se prononcer sur le dossier.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK