Un lieu de création plutôt qu'un projet immobilier près de l'ancienne maison d'Hergé à Céroux? Les riverains s'organisent et lancent un crowdfunding

La rue où se trouve l'ancienne maison d'Hergé porte son nom.
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La rue où se trouve l'ancienne maison d'Hergé porte son nom. - © Hugues Van Peel - RTBF

Les habitants du hameau de Ferrières, à Céroux (Ottignies), s’opposent à la construction d’un ensemble de 29 maisons sur des prairies enclavées, très difficiles d’accès. Selon eux, ce futur petit quartier, qui nécessitera l’aménagement d’une route de 600 mètres à travers champs, va défigurer la campagne où Hergé venait souvent se ressourcer. Le père de Tintin y avait acheté une maison en 1949, il y est venu régulièrement jusqu’à sa mort en 1983.

"Pour Hergé, cette maison n’était pas simplement une maison de campagne, explique Dominique Maricq, auteur de plusieurs ouvrages sur Tintin et Hergé. Il y a créé une série de choses, notamment des albums très importants comme l’aventure lunaire, L’Affaire Tournesol, Coke en Stock, Les Bijoux de la Castafiore et Tintin au Tibet. Donc ce n’est pas rien, c’est quand même une œuvre mondialement diffusée qui continue à avoir un succès incroyable."

Artistes en résidence

Pour les riverains, l’endroit vaut mieux qu’une promotion immobilière. Ils se sont donc mis en tête de préserver ce patrimoine et de stimuler la création culturelle. Ils ont récemment créé une ASBL, baptisée Fondation La Ferrière (le nom qu’Hergé avait donné à sa maison), et ils ont lancé un crowdfunding pour racheter les terrains (trois hectares) à leurs propriétaires. Ils veulent y développer un projet alternatif axé sur la nature, l’échange et la bande dessinée.

"Le cœur de notre projet, puisque nous sommes dans un quartier qui a inspiré des artistes, c’est d’aménager ces trois hectares de prairies comme une zone verte, avec des sentiers, éventuellement des potagers partagés, mais surtout des roulottes pour accueillir des auteurs de BD en résidence, pour qu’ils puissent s’inspirer des lieux et du calme pour créer", explique Gauthier Ervyn, l’un des membres de l’ASBL.

Une utopie?

Le projet paraît un peu fou, quand on sait le montant à récolter (1,2 million d’euros!), mais les habitants du coin y croient. Tout comme Dominique Maricq, qui a longtemps habité à Ottignies.

"Il y a des lieux préservés en Belgique et qui doivent le rester, explique-t-il. Le label Hergé aide beaucoup notre cause, mais indépendamment d’Hergé, de la BD et de Tintin, il y a ici un patrimoine naturel à défendre, et toutes les histoires liées à la localité. Les promenades qui sont organisées régulièrement, parfois de façon artisanale, pourraient prendre une dimension plus importante. Dans une époque comme la nôtre, on aime redécouvrir des coins qu’on croyait connaître. C’est donc une belle opportunité de développer un très beau projet touristique et culturel. Et surtout donner à des jeunes la chance d’apprendre leur métier dans un site comme celui-ci."

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