Un jumelage symbolique entre Ottignies-Louvain-la-Neuve et Leuven

Un jumelage symbolique.
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Un jumelage symbolique. - © Tous droits réservés

Près de 50 ans après le "Walen buiten" et la scission de l'université de Louvain, les deux villes signent aujourd'hui un accord de jumelage. "C'est quelque chose d'important" dit Marc Francaux, prorecteur au développement régional de l'UCL, "mais qui est de l'ordre du symbolique."

L'UCL n'a pas attendu le politique pour renouer des relations avec la KU Leuven

"Après les difficultés que nous avons connues fin des années soixante, les relations entre l'université de Leuven et l'université de Louvain n'ont jamais totalement disparues. Il y a toujours eu des relations, mais elles se sont progressivement reconstruites, particulièrement sous les rectorats de Marc Vervenne à Leuven et de Bernard Coulie à Louvain-la-Neuve. On a vu ces deux universités se rapprocher de manière beaucoup plus forte. Il y a donc maintenant des collaborations étroites avec la KU Leuven comme il y a d'ailleurs des collaborations avec toutes les autres universités de la Communauté française, de Belgique et même au niveau européen et mondial. Mais c'est vrai que nous avons des relations privilégiées avec la KU Leuven. Donc c'est un processus qui s'est reconstruit lentement. Et donc on est très heureux qu'aujourd'hui les pouvoirs politiques locaux soient dans la même dynamique que nous et arrivent aujourd'hui à sceller le jumelage entre Leuven et Louvain-la-Neuve.

Les étudiants et professeurs d'aujourd'hui n'ont pas connu cette époque. Mais ceux qui l'ont connue l'ont gardée gravée dans leur mémoire. Michel Gevers était en dernière année d'ingénierie mathématique à Leuven en 1968 et il était vice-président de l'AGL, l'Assemblée générale des étudiants. En 1972, il est devenu professeur à la toute nouvelle UCL. Il témoigne :

En janvier, février 1968, c'était une période très agitée

"Tous les jours, à dix heures du soir, il y avait une manifestation à Leuven. Les flamands sortaient. Ils appelaient cela "de avondwandeling", la promenade du soir. Et la ville était occupée par 2000 gendarmes. Nous, les étudiants francophones, nous devions montrer notre carte d'étudiant à des gendarmes pour rentrer dans les auditoires. C'est vous dire que la tension était très forte."

Certains professeurs ont terriblement souffert de la scission

Michel Gevers les a côtoyés. "Pour certains professeurs qui travaillaient déjà depuis dix ou vingt ans à Leuven, c'était très difficile. Il y avait beaucoup qui donnaient cours dans les deux ailes de l'université de Leuven. Ils donnaient donc cours en français dans un auditoire et en flamand dans un autre, aussi bien des professeurs francophones que néerlandophones. Moi, j'ai eu quelques professeurs néerlandophones qui me donnaient cours en français. Pour ces gens-là, c'était une rupture terrible. C'est des gens aussi qui avaient investi leur vie sociale à Leuven et qui habitaient à Louvain ou dans les environs."

Un jumelage pour construire des ponts et pas des murs

Pour Michel Gevers, ce jumelage est purement symbolique. "Mais ce qui me semble plus important est le fait que les deux universités aient recommencé à collaborer depuis plusieurs décennies. Ce jumelage est sans doute une manière de dire: Allez, on enterre une fois pour toute la hache de guerre, on est redevenu amis. Ça crée des ponts."

Pour le prorecteur Marc Francaux la symbolique du jumelage a son importance. "A l'époque ou certains construisent des murs entre les pays, nous pensons qu'il y est plutôt de notre mission de retisser des liens et d'établir des ponts."

 

 

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