Un frelon asiatique découvert à Louvain-la-Neuve: ouvrez l'œil pour aider à combattre cet insecte nuisible

A gauche, le frelon asiatique qui se propage en Europe de façon exponentielle et qui s'attaque aux abeilles. A droite, le frelon de nos régions, plus gros mais moins bon chasseur.
3 images
A gauche, le frelon asiatique qui se propage en Europe de façon exponentielle et qui s'attaque aux abeilles. A droite, le frelon de nos régions, plus gros mais moins bon chasseur. - © Hugues Van Peel - RTBF

Depuis son apparition dans le Lot-et-Garonne en 2004, le frelon asiatique (vespa velutina nigrithorax) se répand à une vitesse folle. La France, surprise par cet insecte invasif, a mis du temps à réagir. Aujourd’hui, quasiment tous les départements, et l’Europe dans son ensemble, sont touchés : Espagne, Portugal, Suisse, Allemagne, Italie, Pays-Bas et Grande-Bretagne notamment.

En Belgique, quelques individus isolés ont été recensés dès 2011 mais le premier nid n’a été découvert qu’en novembre 2016 dans la région de Tournai. L’année suivante, sept nids ont été repérés, puis une soixantaine en 2018. La propagation est exponentielle.

"Si on regarde les zones climatiques couvertes par le frelon en Asie et qu’on transpose ça chez nous, on se rend compte que le frelon peut s’installer aussi bien au sud de l’Espagne qu’au nord du Danemark, donc ça va continuer", explique Michel De Proft, du Centre wallon de Recherches agronomiques basé à Gembloux.

Le spécimen de Louvain-la-Neuve était une fondatrice

Rien de surprenant, donc, à ce que les frelons s’installent chez nous, en Brabant wallon. Début juin, un habitant de Louvain-la-Neuve a réussi à en attraper un dans un filet à papillon. Il s’agissait d’une fondatrice.

"Le frelon asiatique est un insecte qui fait de très grosses colonies, poursuit Michel De Proft. En fin de saison, on peut avoir plus de 2000 individus parmi lesquels plusieurs centaines de fondatrices. Ces fondatrices sont de jeunes femelles qui se font féconder en automne et qui vont porter le destin de l’espèce. Chacune peut théoriquement fonder un nouveau nid. Donc ça va très vite, le taux de multiplication est très élevé. Et la capacité de dispersion de ces jeunes fondatrices est élevée également. Le frelon peut faire plusieurs dizaines de kilomètres en vol autonome."

Capturer une fondatrice, comme à Louvain-la-Neuve, est donc une bonne nouvelle. A cette époque de l’année, il n’y a pas encore d’ouvrières. Le nid, où qu’il soit, est voué à disparaître. "Dans la situation dans laquelle on est en Belgique actuellement, où les nids sont encore rares, quand on les détruit, on gagne du temps. On est à un moment charnière, ça vaut la peine, chaque nid compte".

Un redoutable chasseur d’abeilles

Le frelon asiatique ressemble à une grande guêpe très foncée. L’extrémité de son corps est ornée d’une large bande jaune orangée et ses pattes sont bicolores : noires à la base, jaunes aux extrémités. L’insecte se nourrit de tout, y compris des abeilles qu’il chasse de façon très efficace. C’est le souci majeur qu’il nous cause : des attaques de ruches ont déjà été recensées en Belgique.

Dans la lutte contre le frelon asiatique, l’observation est cruciale, tout comme l’encodage des signalements. "Nous avons besoin des yeux de tout le monde. Sur le site biodiversite.wallonie.be, il y a un formulaire à remplir, ça va très vite. Et ça permet de tenir une carte de distribution à jour. C’est très utile notamment pour prévenir les apiculteurs de la présence de ce prédateur près de leurs ruches".

Les abeilles sont stressées

L’apiculteur peut lui-même protéger ses ruches avec un dispositif grillagé qui empêche le frelon d’approcher l’entrée de la ruche. "Cela n’empêchera pas le frelon d’attaquer des abeilles, mais ça diminuera le stress de la colonie d’abeilles. En fait la proximité de ces frelons qui chassent perturbe beaucoup les abeilles qui se préparent donc assez mal à l’hiver. Le frelon est un problème qui se rajoute à tous les facteurs qui provoquent des effondrements de colonies pendant l’hiver ou à la sortie de l’hiver".

Isolé, en train de butiner ou de chasser, un frelon n'est pas agressif, il est même plutôt farouche et ne présente en principe aucun danger pour l’homme. Par contre, il défendra son nid si vous vous en approchez. Il est donc recommandé d’appeler le numéro 112 et de laisser les pompiers le neutraliser.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK