Un cas de légionellose détecté à Louvain-la-Neuve, la victime est tirée d'affaire

On attrape la légionellose en inhalant des micro-gouttelettes d'eau contaminées par la bactérie légionelle, c'est une transmission par voie respiratoire.
On attrape la légionellose en inhalant des micro-gouttelettes d'eau contaminées par la bactérie légionelle, c'est une transmission par voie respiratoire. - © PIERRE-FRANCK COLOMBIER - AFP

Un cas de légionellose a été détecté à Louvain-la-Neuve il y a quelques jours. Un homme de 50 ans, employé d’une société implantée dans un business center du parc scientifique, a dû être hospitalisé. Ses jours ne sont plus en danger, personne d’autre n’a développé de symptômes et l’activité des entreprises installées dans le bâtiment n’est pas affectée.

L'affaire est tout de même prise au sérieux, car la légionellose est une maladie "à déclaration obligatoire". Dès qu'un cas se présente, une enquête épidémiologique est lancée pour identifier l'origine de la contamination. Ici, l'enquête vise notamment les douches que peuvent utiliser les personnes qui travaillent dans l'immeuble.

"Quand on fait l’enquête épidémiologique sur un cas de légionellose, on vérifie différents points relatifs à l’exposition, dont le fait d’avoir peut-être des douches qui sont peu utilisées, explique Carole Schirvel, médecin inspecteur pour la surveillance des maladies infectieuses à l’AVIQ, l’Agence pour une Vie de Qualité. Comme dans ce cas précis, les douches étaient peu voire très faiblement utilisées, c’est un risque majoré pour une exposition à la bactérie. Dans l’attente d’examens approfondis et des résultats, on préfère que les douches ne soient pas utilisées pour le moment. On n’expose pas inutilement d’autres personnes quand on a un doute sur la nature de la contamination".

Choc thermique ou traitement chimique

Si l’hypothèse des douches se confirme, une intervention sera nécessaire pour nettoyer le circuit d’eau. Deux possibilités s’offriront alors à la société de maintenance, en fonction du contexte.

"La première possibilité, c’est un choc thermique qui consiste à faire monter l’eau de la chaudière à une température à laquelle la légionelle ne survit pas. La deuxième possibilité, c’est un choc chimique à base de solution chlorée, pour tuer la bactérie dans les canalisations. Tout dépend du type de canalisations, de leur ancienneté, de la présence de bras morts où l’eau stagne, ce qui est le pire."

La légionelle est présente naturellement dans l’eau. Au-delà de 20-25 degrés, elle se développe et commence à devenir une source de contamination possible pour les personnes à risque. "Elle se multiplie de préférence entre 25 et 40°. Donc avec les températures estivales qu’on a connues ces derniers jours et dernières semaines, on a pu atteindre ces températures par exemple dans les fontaines d’eau présentes à l’extérieur. Et le fait d’inhaler ces gouttelettes contaminées, quand on est plus fragile ou quand on est sous traitement, cela permet à la bactérie de provoquer des pneumonies".

Traditionnellement, les cas de légionellose surviennent donc en plus grand nombre à cette époque de l’année. On en observe entre 60 et 70 par an en Wallonie. "La majorité arrivent au début de l’été, notamment aussi parce qu’on a des gens qui reviennent contaminés de leur voyage à l’étranger, dans des pays plus chauds où il n’y a pas forcément une surveillance adéquate au niveau environnemental".

Archives : Journal télévisé 29/05/2019

Récemment, un important foyer de de légionellose avait été détecté à Evergem, en Flandre.

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