Touchée trois fois par les intempéries en quelques semaines, Chastre relance son groupe de travail sur les inondations

Plusieurs communes du Brabant wallon ont à nouveau été frappées par des pluies diluviennes dans la nuit de dimanche à lundi. C’est le cas de Chastre où l’on a enregistré environ 33 litres d’eau au mètre carré en quelques heures. L’Orne est sorti de son lit, causant des inondations. Et de nouvelles coulées de boue ont été constatées à plusieurs endroits.

Depuis début juin, c’est la troisième fois que Chastre est touchée de la sorte. Certains habitants font part de leur lassitude, voire de leur énervement. C’est le cas de Sami, qui habite un ancien moulin au bord de l’Orne. Chez lui, ce n’est pas la rivière qui a causé des dégâts, mais la boue qui a dévalé des champs situés plus haut. Trois sinistres depuis début juin, c’est trop.

"Tout le monde se retrouve un peu désemparé face à ce genre de situation, explique-t-il. Un cours d’eau qui déborde avec des intempéries énormes, ça fait partie de la vie près d’un cours d’eau. Si on n’en veut pas, on n’a qu’à déménager et aller vivre ailleurs. Mais ici, en ce qui concerne les coulées de boue, il y a des progrès à faire pour que ça arrive moins. Ce sont parfois des petits détails à corriger."

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Début juin, un premier orage avait causé de grosses coulées de boue dans cette rue de Chastre. © Hugues Van Peel - RTBF

Comment planter les pommes de terre?

Pour ce Chastrois, il faudrait par exemple planter des haies et créer des zones tampons au bord des champs. Mais il plaide aussi pour l’interdiction de certains types de cultures dans les zones à risque. Dans sa ligne de mire, les pommes de terre. Il déplore que l’agriculteur qui cultive les champs près de chez lui ait choisi de planter dans le sens de la descente.

"Le sens des pommes de terre, c’est toujours un grand débat, répond Thierry Champagne, bourgmestre. Mais moi, je vais vous dire, je préfère qu’elles soient plantées dans le sens de l’écoulement. Parce qu’alors on a l’eau qui vient régulièrement. Quand vous êtes en bandes contraires, les sillons se remplissent et quand le sillon du dessus lâche, il entraîne les autres et on a un effet de vague. Et ça, c’est dévastateur. La vague, elle ne s’arrête pas, elle va plus loin et cause en général de plus gros dégâts."

Le Covid et la lutte contre les inondations

Mais alors, que faire? A la commune, un groupe de travail sur les inondations (réunissant majorité et minorité) a été mis en place au début de la législature. Il s’est d’abord occupé du village de Saint-Géry où plusieurs maisons étaient régulièrement sinistrées. Ensuite, ce fut le début de la crise sanitaire.

"Ce n’est pas une excuse, je le sais, mais c’est vrai qu’avec le Covid, on a été moins attentif à la chose. Mais ici, c’est une lourde piqûre de rappel. Le travail, il faut le continuer. Ce n’est pas parce que les problèmes sont apparemment réglés à Saint-Géry qu’il n’y en a pas d’autres ailleurs."

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La boue qui dévale des champs finit dans les égouts et souvent les bouche, ce qui empêche l'évacuation de l'eau. © Hugues Van Peel - RTBF

Discuter avec les agriculteurs

La lutte contre les inondations et les coulées de boue va donc être relancée. Le bourgmestre se dit ainsi favorable, par exemple, à la mise en place de fascines et/ou de ballots de paille pour retenir les terres.

"Je plaide même pour pouvoir en faire entre les champs, poursuit le bourgmestre. Les agriculteurs y ont tout intérêt, selon moi. Si on ralentit les eaux entre chaque champ, chaque agriculteur perdra moins de culture au bout du compte."

Encore faut-il convaincre. Mais à Chastre, le bourgmestre dit sentir une prise de conscience. Il faut dire que les agriculteurs sont aussi victimes des intempéries: les coulées de boue, ce sont des cultures endommagées et des tonnes de bonne terre qui finissent dans les égouts et les rivières.

Coulées de boue suite aux orages: JT 03/06/2021

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