Transferts de patients: un hélicoptère militaire de la base de Beauvechain est prêt à décoller pour soulager les hôpitaux saturés

L'hélicoptère peut transporter un patient à la fois, dans des conditions de sécurité renforcées s'il s'agit d'un patient Covid.
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L'hélicoptère peut transporter un patient à la fois, dans des conditions de sécurité renforcées s'il s'agit d'un patient Covid. - © Belgian Air Force - Jozef Vanden Broeck

L’armée pourrait donc être appelée en renfort pour aider les hôpitaux dont les services de soins intensifs sont débordés. Elle se verrait confier, par exemple, le transfert de certains patients vers des établissements qui ont plus de place. A Beauvechain, un hélicoptère de la base militaire se tient prêt à effectuer ces transports médicalisés. Le dispositif a été mis au point ces derniers jours, il est désormais opérationnel.

L’hélicoptère en question est un appareil de transport tactique NH90 TTH, parfaitement adapté à la situation. Et selon le colonel Jean-Didier Vandezande, commandant de la base de Beauvechain, tout le monde est prêt.

"Nos équipages et notre personnel sont entraînés pour ce type de missions d’évacuations médicales, explique-t-il. C’est simplement l’environnement dans lequel on va réaliser ces missions et l’objectif qui seront différents."

Une escale à l'hôpital militaire

Dès que l’ordre sera donné, l’équipage préparera son plan de vol et l’hélicoptère pourra décoller. Dans un premier temps, il prendra la direction de l’hôpital militaire de Neder-Over-Hembeek où il doit embarquer une équipe médicale de trois personnes et du matériel.

"Il y a plus ou moins dix minutes de vol entre Beauvechain et l’hôpital militaire, explique François Warnant, commandant de la 18e escadrille. Sur place, il y aura une équipe médicale composée d’un anesthésiste, accompagné d’une infirmière ou d’un infirmier et d’une troisième personne qui connaît en détail la composition du matériel embarqué. On installera ce matériel, ce qui prendra dix minutes, rotor tournant. Pendant ce temps-là, mon opérateur-cabine donnera un briefing de sécurité aux personnes qui ne sont pas habituées à effectuer des missions héliportées."

Ensuite, l’hélicoptère s’envolera vers l’hôpital où il devra prendre en charge un patient et l’amener vers l’hôpital de destination, en Belgique ou à l’étranger.

"Il y a deux scénarios, poursuit le commandant François Warnant. Notre priorité, à court terme, c’est le transfert de patients non-Covid, de soins intensifs à soins intensifs. Dans ce cadre-là, nous ne devons pas prendre spécifiquement de précautions supplémentaires quant à la protection du personnel volant ou médical. Dans le deuxième cas, où l’on serait amené à transporter des patients atteints par le virus, des précautions supplémentaires seront prises. Les trois membres de l’équipe médicale seront équipés de blouses blanches jetables et de masque FFP2 pour essayer de se protéger eux-mêmes. L’opérateur-cabine recevra aussi cet équipement et devra tenir ses distances le plus possible pour éviter toute contamination."

L’hélicoptère militaire transportera un patient à la fois. Et il n’interviendra normalement qu’en dernier ressort, s’il n’y a pas d’autre solution pour désengorger les services de soins intensifs.

Une mission d'aide à la Nation

"Ce serait très malheureux que la Défense ne soit pas là pour appuyer le pays dans une situation telle que celle qu’on connaît maintenant, conclut le colonel Vandezande. On a utilisé notre corps médical dans des hôpitaux et des militaires sont aussi intervenus dans des maisons de repos. Ici, on est dans un autre cas de figure. Et c’est important de montrer à la population que la Défense n’est pas simplement là pour des missions à l’extérieur, mais qu’elle est là aussi quand la Nation en a besoin, pour aider la population belge sur son propre territoire."

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