Surprise à Wavre: le projet de tour-hôtel à nouveau recalé, le collège communal dit non au promoteur

La tour-hôtel devait être construite sur le site de l'ancienne vinaigrerie L'Etoile, près de l'E411.
La tour-hôtel devait être construite sur le site de l'ancienne vinaigrerie L'Etoile, près de l'E411. - © Archi2000

La nouvelle se répandra sans doute comme une traînée de poudre à Wavre : le projet de tour-hôtel qui devait voir le jour sur le site de l’ancienne vinaigrerie tombe à l’eau. Le collège communal a refusé d’octroyer le permis sollicité par le promoteur, suivant ainsi l’avis négatif rendu récemment par les services du fonctionnaire technique et du fonctionnaire délégué de la Région wallonne.

Pour le promoteur, c’est une nouvelle déconvenue. Il y a deux ans, un premier permis accordé par la ville avait été sèchement recalé par le ministre wallon Carlo di Antonio, en charge de l’aménagement du territoire, après le dépôt d’une série de recours.

Un projet remanié, mais recalé

Depuis, le projet a pourtant été sérieusement remanié, pour répondre aux critiques formulées à l’époque. Le promoteur et l’architecte ont imaginé un bâtiment moins haut (94 mètres au lieu de 120), mais un peu plus large, afin de pouvoir maintenir ce qui était prévu à l’intérieur: 204 chambres, un appart-hôtel, une piscine, une salle de sport et des espaces de conférence. Des aménagements étaient aussi prévus pour améliorer les problèmes de mobilité dans le quartier.

Le projet revu et corrigé n’a donc pas convaincu. « Nous avons décidé de suivre l’avis du fonctionnaire de la Région pour plusieurs raisons, explique Françoise Pigeolet, bourgmestre de Wavre. D’abord, nous avons 139 réclamations de citoyens. Puis, la Ville de Wavre a estimé que ce projet était prématuré. Nous avons en effet décidé de doter Wavre d’une CCATM, une Commission consultative d’Aménagement du Territoire et de la Mobilité. Une Commission qui devrait voir le jour en octobre prochain. Nous avons aussi lancé un schéma de développement communal. Nous devons d’abord avancer dans ces démarches avant de délivrer un permis pour un projet d’ampleur comme celui de la tour-hôtel, un projet qui transformera de manière irréversible et de manière conséquente le visage de Wavre. Nous avons par ailleurs une réflexion au niveau de l'impact socio-économique qu'aurait un projet hôtelier supplémentaire dans la région. A cela s’ajoutent des problèmes de mobilité. Le flux des clients de l’hôtel aggraverait la situation dans un quartier où le trafic est déjà important ».

Et ce problème de mobilité, le conseiller d’opposition, Benoît Thoreau (CDH), le souligne aussi. « Dans la deuxième mouture du projet, une étude de mobilité propose des solutions, tout en ajoutant qu’elles seront probablement insuffisantes. C’est dire si ce projet pose problème. Sans oublier l’impact paysager. D’où les nombreuses critiques dans la population ».

Une troisième mouture?

Aujourd’hui, l’architecte se dit surpris et déçu. « Pour moi, le revirement du collège de Wavre est incompréhensible. Nous avons raboté notre premier projet et répondu à de nombreuses critiques. Et voilà que le même collège, ou pratiquement le même, rejette notre copie sur base de critères surprenants, explique Philippe Verdussen. Pourquoi ne pas les avoir formulés plus tôt? Cela nous aurait permis d’économiser du temps et de l’argent. Le promoteur, lui, perdra encore beaucoup plus d’argent ».

Faut-il dès lors s’attendre à une troisième version du projet? « La balle est dans le camp du promoteur, Michel Dothey, affirme Françoise Pigeolet. Il a toujours la possibilité d’un recours. Mais je reste en tout cas ouverte au dialogue. Je suis ouverte à d’autres projets pour ce terrain ». Le promoteur, lui, se donne le temps de la réflexion.

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