Sébastien Van Bellegem, candidat recteur à l'UCLouvain, dévoile son programme

Sébastien Van Bellegem affiche ses ambitions et son programme qui veut "remettre les personnes au coeur du projet universitaire".
Sébastien Van Bellegem affiche ses ambitions et son programme qui veut "remettre les personnes au coeur du projet universitaire". - © Hugues Van Peel - RTBF

A l’UCLouvain, la campagne pour l’élection rectorale est officiellement lancée. Deux candidats vont tenter de s’attirer les suffrages des électeurs (le scrutin aura lieu du 23 au 25 avril): le recteur sortant, Vincent Blondel, candidat à un second mandat, et Sébastien Van Bellegem, le doyen de la Faculté des Sciences économiques, sociales, politiques et de communication.

A 41 ans, Sébastien Van Bellegem, mathématicien de formation (comme le recteur dont il convoite le poste) endosse sans complexe le rôle de challenger. "La première motivation, c’est que j’ai reçu des signaux de collègues de tous les secteurs et des cliniques de l’université pour présenter ma candidature, explique-t-il. Cela a constitué un formidable encouragement à le faire. Ces collègues exprimaient le besoin que le prochain recteur puisse être plus sensible en interne aux questions de personnel, aux questions de sens du travail et de sens dans les études universitaires. Et ma longue expérience en interne me rend assez sensible à ces questions".

Priorité au personnel et aux missions de base de l'université

Remettre les personnes au cœur du projet universitaire, voilà l’ambition de Sébastien Van Bellegem. Il propose un plan d’investissement axé sur trois priorités: améliorer le bien-être au travail du personnel de l’université et revaloriser les carrières; prendre des mesures supplémentaires pour favoriser la réussite des étudiants; et enfin réduire à zéro l’empreinte carbone de l’université d’ici 2030, pour que l’UCLouvain soit exemplaire en matière de développement durable.

"Aujourd’hui, je pense que l’UCLouvain s’est un peu perdue dans une course à l’image et qu’il y une tension entre le souci bien légitime de l’étiquette et la réalité de terrain. En réalité, nous observons des tensions de plus en plus importantes dans les équipes, des démissions, des burn-out et des difficultés à gérer le parcours étudiant qui devient de plus en plus complexe, et à maintenir des laboratoires et des centres de recherche qui sont eux-mêmes soumis à une pression internationale assez forte. Je pense qu’il est temps d’investir beaucoup plus dans le personnel et de l’outiller pour qu’il puisse atteindre les objectifs et les missions de base de l’université qui sont la formation et la recherche."

Agir sur la durée et le coût des études

Sébastien Van Bellegem n’oublie pas les étudiants dans son programme. Il veut agir sur la durée et le coût des études. "Les études universitaires sont de plus en plus longues et c’est un coût réel pour les étudiants et leurs familles. Et pour la société en général bien entendu. Moi, je souhaite étendre les dispositifs d’aide à la réussite à l’ensemble des cycles de l’université. Je pense aussi qu’il faut améliorer le continuum entre l’école secondaire, les hautes-écoles et les universités. Et enfin il faut travailler à un meilleur alignement du calendrier administratif et du calendrier académique".

Aujourd’hui, il est encore possible de s’inscrire à l’université dans le courant du mois d’octobre alors que les cours commencent au mois de septembre. Cela pose régulièrement des problèmes d’organisation. Tout comme les étudiants en master qui ont toujours dans leur programme des cours de baccalauréat. "C’est une vraie difficulté en matière de gestion", selon Sébastien Van Bellegem.

Le doyen de la Faculté des Sciences économiques, sociales, politiques et de communication accorde aussi une grande importance à l’égalité des genres. S’il est élu recteur, il promet de constituer autour de lui une équipe paritaire et d’améliorer l’accessibilité des femmes aux postes académiques et aux fonctions à responsabilité.

La fusion avec Saint-Louis remise en cause?

Enfin, Sébastien Van Bellegem se montre réservé concernant le rapprochement entre l’UCLouvain et Saint-Louis à Bruxelles. Sans attendre le décret qui la rendra possible, il estime qu’il faut envisager autre chose que la fusion.

"J’ai accompagné ce processus de fusion dans ma faculté mais je ne vous cache pas qu’une forme de lassitude apparaît aujourd’hui. En toute franchise, on sait qu’en Belgique, quand un projet de ce type ne figure pas dans un projet de gouvernement, il est très difficile d’obtenir le décret qu’on escompte. En outre, ce qui est sur la table actuellement constitue un prix à payer beaucoup trop lourd pour l’UCLouvain. En fait, décret ou pas décret, si nous voulons que notre université joue son rôle en région bruxelloise, il faut changer de méthode. Il faut faire preuve d’ouverture et ne pas rester coincé sur un modèle unique de fusion. Je veillerai pour ma part à restaurer des liens de confiance avec l’ensemble des établissements avant de poursuivre le travail de rapprochement avec Saint-Louis."

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