Reconversion professionnelle: après un burn-out, Laurence concrétise son rêve et devient boulangère à Ottignies

Une vie professionnelle et familiale bien remplie, Laurence s’investit à fond partout, mais un jour elle craque. Burn-out. Deux ans de remise en question et l’envie de faire autre chose, de retrouver du sens dans le travail, de se réinventer dans un projet à sa mesure, d’être son propre patron. Les doutes n’ont pas disparu tout de suite, car il en a fallu de la volonté et du courage pour se lancer, et de la persévérance pour aboutir. Mais Laurence y est parvenue: la boulangerie, c’est la concrétisation d’un rêve.

L’économiste diplômée de l’UCLouvain a donc osé prendre une autre voie. Elle a suivi une formation au CEFOR, effectué des stages et rencontré beaucoup d’artisans. Mais ce sont finalement des vacances à Saint-Nazaire qui s’avèrent décisives. Elle y sympathise avec un boulanger sur un marché, le courant passe, elle trouve le pain délicieux. Elle y revient pour faire un stage quelques mois plus tard puis convainc sa famille de la suivre pour un séjour longue durée. Elle travaille six mois dans cette boulangerie pour éprouver le métier et tester sa résistance.

"J’ai vraiment été séduite par l’environnement enfariné de l’atelier, les odeurs, confie-t-elle. Tout cela m’a complètement envoutée et en rentrant, je me suis dit qu’il fallait que je me lance."

L'atelier dans la salle de jeux des enfants

De retour en Belgique, Laurence murit son projet avec le soutien de ses proches et l’aide du Crédal, une coopérative de micro-crédit qui propose aussi un service de coaching pour entrepreneurs. Vient ensuite le temps des grandes décisions, celles qui rendent la marche-arrière impossible: Laurence contracte un prêt, achète un four et transforme la salle de jeux des enfants en atelier.

Ouverte juste avant le premier confinement, sa boulangerie à la maison, baptisée "Les Miches de Lola", a tout de suite été un succès.

"J’ai eu vraiment beaucoup de clients dès le début, ça a été un démarrage super-satisfaisant pour moi, de voir que mon pain était apprécié et que les gens faisaient la file dehors pour l’acheter."

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La salle de jeux des enfants a été sacrifiée pour installer l'atelier et le four. © Hugues Van Peel - RTBF

Eviter la rechute

Sa gamme n'est pas très large, c'est un choix. La boulangère fabrique du pain au levain et quelques gourmandises, à son rythme: deux grosses journées de production par semaine afin de ne pas s’épuiser. Le reste du temps est consacré à la gestion des commandes, des fournisseurs et du site Internet.

"Je voulais faire un projet qui me corresponde, je ne voulais pas retomber dans un autre burn-out. J’ai donc fixé des limites."

Autre particularité, Laurence travaille en journée et uniquement sur commande, pour ne pas devoir jeter les invendus. Les clients viennent chercher leurs pains tout juste sortis du four en fin d’après-midi. L’occasion de belles rencontres, des liens se nouent, des amitiés, le quartier s’anime.

"Mettre le pain sur la table de mes voisins, c’est très gratifiant. Et puis il y a les enfants qui viennent, j’ai vraiment l’impression de revenir des années en arrière quand c’est moi qui allais chercher le pain chez mon boulanger."

Dans son atelier avec vue imprenable sur la vallée, les mains dans la matière, Laurence a trouvé le chemin du bonheur. Des regrets? "Aucun!"

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