Rebond du coronavirus : la clinique Saint-Pierre d'Ottignies mieux préparée qu'au printemps, mais des craintes subsistent

Pour l’instant, le Brabant wallon est relativement épargné par le rebond du coronavirus (Covid-19). Mais les hôpitaux se préparent à un nouvel afflux de patients. Ainsi, à la clinique Saint-Pierre d’Ottignies, un "Comité Covid" se réunit très régulièrement pour affiner les procédures. De la communication à la gestion du matériel en passant par les consultations, l’accueil des patients et les hospitalisations, tout est passé en revue.

"Bien sûr, il y a toute une série de procédures qui ont été établies et adaptées à maintes reprises du fait de l’évolution des choses, explique Myriam Seront, directrice du département infirmier. En ce qui concerne les équipements de protection individuelle, par exemple, on en manquait cruellement en mars, avril et mai. On les utilise toujours avec parcimonie parce qu’il y a toujours des incertitudes sur l’approvisionnement, mais on espère pouvoir revenir à des pratiques plus normales. Réutiliser des blouses n’est pas très protocolaire en matière d’hygiène hospitalière. Or ici, on utilisait une blouse sur 24 heures, donc les soignants se passaient la blouse le matin, l’après-midi et la nuit. Ici, avec les stocks dont nous disposons maintenant, nous pourrons proposer une blouse par prestation. Le soignant pourra donc jeter sa blouse après sa prestation. Mais normalement, chaque fois qu’on a un contact avec un patient, on change de blouse."

Quel impact psychologique pour le personnel?

En mars, au début du confinement, les hôpitaux partaient de zéro. Mais le temps de l’improvisation est passé. Aujourd’hui, le personnel soignant est mieux armé pour affronter une deuxième vague. Cela dit, des craintes subsistent.

"Ce qui m’inquiète surtout, c’est l’état psychologique de tous les soignants, des infirmières et même des médecins. Cette période a été très dure, ils ont vécu des situations particulièrement difficiles dans les unités Covid. Et ça été lourd et stressant aussi dans les autres unités, parce qu’il y avait des suspicions à tout moment. Donc si deuxième vague il y a, ce sera difficile d’un point de vue émotionnel."

Effectifs réduits en été

Travaillant sans répit pendant des semaines, le personnel soignant a aussi besoin de souffler. Certains sont partis en vacances, mais le rebond de la pandémie en Belgique cet été a fait naître de nouvelles inquiétudes, concernant les effectifs. Car à la clinique, en cette période, il y a moins de monde. Et il faut aussi composer avec les quarantaines.

"Le personnel qui reviendra d’une zone rouge devra être mis en quarantaine, on doit se soumettre à l’injonction des Affaires étrangères. Cela risque de nous poser problème, d’autant que les zones sont évolutives quasiment de jour en jour. Par exemple, au sein du personnel, j’ai plusieurs infirmières portugaises. Si elles n’ont pas forcément séjourné là-bas dans une zone rouge, elles peuvent avoir transité par l’aéroport de Lisbonne qui est en zone rouge. Si au sein de notre personnel, beaucoup reviennent de zones rouges, on risque de se retrouver en difficulté."

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