Radiographie et dialyse : le casse-tête de l'accueil ambulatoire de patients COVID

Un appareil à IRM (image d'illustration)
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Un appareil à IRM (image d'illustration) - © Jonas Hamers - Belga

Si une quarantaine est imposée lorsqu’un patient est déclaré positif, il lui est parfois nécessaire de se rendre à l’hôpital pour réaliser des examens ou des traitements, qu’ils soient liés ou non au coronavirus. L’accompagnement de ces patients se révèle parfois être un vrai casse-tête, afin de ne pas mettre en danger le personnel soignant et les autres patients.

À l’hôpital de Nivelles (Groupe Jolimont), le service de radiologie reçoit chaque semaine une dizaine de patients positifs au coronavirus, ou suspectés de l’être, "mais cet examen n’est pas toujours lié au COVID : une personne contaminée peut aussi s’être cassé le pied, et avoir besoin d’une radio", explique Véronique Moiny, infirmière en chef du service de radiologie, "l’imagerie peut aussi servir le diagnostic du coronavirus, et est alors demandée par un médecin".

Les patients peuvent également venir des urgences. Dans ce cas, le service de radiologie est alors prévenu par téléphone de l’arrivée d’un patient COVID positif ou suspecté. "Dans ce cas-là, en fonction du degré d’urgence, on fera plutôt venir le patient lorsque les salles sont libres, de sorte qu’il ne croise pas de patients sains externes, et qu’il ne soit pas dans les sas de transfert en même temps que d’autres patients sains internes", explique l’infirmière en chef, "Dès que l’examen est terminé, il retourne directement aux urgences, et le radiologue transmet les informations au médecin des urgences", afin que ce patient passe un minimum de temps dans le service de radiologie.

Pour le personnel, une tenue COVID le temps de la radiographie

Lorsque l’arrivée d’un patient contaminé (ou suspecté d’avoir contracté le coronavirus) est annoncée, le personnel doit enfiler une tenue spécifique. "On applique des procédures strictes, comme durant la période la plus forte de la pandémie. On a un double habillage, avec, au-dessus de nos uniformes, une surblouse, des gants, un masque FFP2 et parfois même une combinaison", explique Véronique Moiny, l’infirmière en chef.

"C’est inévitablement une charge en plus pour le personnel, mais c’est une sécurité : celle des autres patients, et celle du personnel soignant", évoque également l’infirmière.

Avant l’arrivée du patient, la salle est préparée, et est désinfectée lorsqu’il en sort. Le matériel utilisé est également éliminé.

De même, si un patient sain se révèle, ensuite, être positif, au risque d'avoir été en période d'incubation lors de son passage à l'hôpital, des procédures internes de tracing du personnel sont prévues, pour ceux qui l'auront pris en charge.

Les dialyses des contaminés centralisées à Jolimont, pour mieux les cloisonner

Autre traitement indispensable pour les patients, atteints du COVID ou non : la dialyse, en cas d’insuffisance rénale importante. "Le traitement par dialyse ne peut absolument pas être interrompu, même en cas de contamination au coronavirus, car il est nécessaire à la survie du patient. L’interrompre trop longtemps expose le patient à des complications qui peuvent être rapidement mortelles", explique le docteur Thomas Dossin, médecin néphrologue à l’hôpital de Nivelles.

Deux patients nivellois dialysés sont actuellement positifs au coronavirus. Mais leur dialyse se poursuit désormais à l’Hôpital de Jolimont, siège du groupe, à La Louvière. "Si une personne est dépistée positive, même si elle n’a pas de symptômes, elle est dialysée dans un service cloisonné, à Jolimont, où elle n’a pas de contact avec les autres patients", explique le néphrologue, "la dialyse a lieu dans des chambres fermées".

Dans le service louviérois de dialyse spécialisé dans les patients contaminés par le coronavirus, "le personnel soignant prend toutes les précautions face au virus : on n’accède aux chambres qu’avec l’uniforme complet", évoque le docteur Dossin. Le flux des patients est également contrôlé afin d’empêcher que des patients sains et contaminés ne se croisent.

 

Afin d’éviter toute contamination dans les services de néphrologie des différents hôpitaux du groupe, "on prend la température des patients à dialyser, et si l’un d’eux a de la fièvre, il n’accédera pas au local de dialyse où sont présents les autres patients, afin de les protéger", explique le néphrologue. "On fait alors un test de dépistage coronavirus en urgence. En fonction des résultats, s’il est négatif, le patient recevra sa dialyse le lendemain ; s’il est positif, il sera dialysé dans une chambre isolée à Jolimont".

D’autant que l’insuffisance rénale terminale, et le fait d’être en dialyse sont un facteur de risque face au coronavirus, avec le danger de développer des formes plus graves.

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