Quel avenir pour le quartier de l'Esplanade à Louvain-la-Neuve? Les ateliers citoyens formulent des objectifs précis

La zone au centre des débats fait 13 hectares, elle englobe l'Esplanade et la gare de LLN.
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La zone au centre des débats fait 13 hectares, elle englobe l'Esplanade et la gare de LLN. - © Tous droits réservés

Le développement du quartier de la gare et de l’Esplanade à Louvain-la-Neuve reste un dossier sensible, presque deux ans après la consultation populaire qui a abouti au rejet du projet d’extension du centre commercial. Nouvelle démonstration ce mercredi soir, avec la présentation des conclusions des ateliers participatifs qui ont planché sur le sujet ces dernières semaines. Une centaine de personnes ont assisté à l’exposé dans un auditoire surchauffé.

C’est l’ASBL Espace Environnement, mandatée par la ville, qui a piloté ces ateliers participatifs. Fort logiquement, c’est elle qui a pris la parole le plus longtemps lors de cette soirée de clôture: rappel des enjeux, explications sur la méthodologie et la composition du panel citoyen (25 personnes tirées au sort parmi 69 candidatures) qui a pris part aux ateliers, et enfin présentation du résultat des cogitations.

Pas de consensus, mais des objectifs à atteindre

Le constat? Après cinq soirées de débats très animés, le panel n'a pas réussi à se mettre d’accord sur une vision commune du développement futur de la zone (13 hectares) qui entoure l’Esplanade.

"Cette vision n’a pas abouti, par manque de temps sans doute mais aussi en raison de divergences profondes dès le départ concernant les attentes des gens, ce qu’ils souhaitaient pour l’avenir du territoire", explique Anne Timmermans, directrice adjointe d’Espace Environnement.

Mais en l’absence de consensus, les citoyens se sont tout de même prononcés sur une série d’objectifs à atteindre: améliorer la mobilité douce par le renforcement des liaisons inter-quartiers, garantir une mixité et un équilibre des fonctions (activité économique et logement), garantir un développement cohérent avec l’identité de Louvain-la-Neuve (tracé des voiries, piétonnier, espaces publics, gabarits…), donner de l’importance à la végétation dans les développements futurs, encourager la biodiversité, maintenir la gare ferroviaire à ciel ouvert... Au total, 21 objectifs clairement formulés.

"On ne sort pas avec quelque chose de flou, se réjouit Julie Chantry, bourgmestre d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, on sort avec des objectifs précis qui pourront être traduits ensuite sur une carte. Aujourd’hui, on n’a pas encore cette carte, on n’a pas cette spatialisation des objectifs. Cela n’a pas été possible vu la diversité des participants, les opinions et les avis parfois tranchés."

Intégrer les objectifs dans le schéma d'orientation local

Ces objectifs, le collège communal va maintenant s’en saisir et les analyser. Ceux qu’il retiendra (sans doute une bonne partie) seront ensuite intégrés dans le schéma d’orientation local, un outil urbanistique dont la ville veut se doter pour l’aider à faire ses choix concernant l’aménagement de cette zone. A l’avenir, toute demande de permis pour un projet de construction à cet endroit sera examinée à l’aune de ce schéma d’orientation local.

Mercredi soir, au-delà des objectifs, on a aussi parlé (souvent pour les critiquer) de la méthode de travail et de la représentativité du panel citoyen. Et certains ont exprimé un souhait: que la ville organise des ateliers similaires sur d’autres projets, en tirant les leçons de cette première expérience.

"Il faut être de bon compte, cela s’est bien passé, mais il y a énormément de marge d’amélioration, explique Corentin, membre du panel. Et j’espère que les autorités communales en tiendront compte à l’avenir pour les autres processus."

Complexité et frustration

Les différents intervenants ont par ailleurs insisté sur la complexité de ce dossier: une matière dense, des enjeux parfois difficiles à cerner et des contraintes qui ont souvent bridé l’imagination et engendré de la frustration.

"Les membres du panel se sont retrouvés dans la peau d’un collège communal qui doit se positionner par rapport à un ensemble de contraintes sur une zone, par rapport à un projet, conclut Julie Chantry. Et là, ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Donc c’est très intéressant qu’ils se se retrouvent dans cette situation pour comprendre toutes les difficultés auxquelles on est confrontés en tant que mandataires. On entend souvent qu’il n’y a qu’à faire ceci ou qu’il suffit de faire cela, souvent c’est plus complexe."

Archives : Journal télévisé 11/06/2017

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