Perwez: des agriculteurs s'opposent à l'expropriation de terres agricoles

A Perwez, quelques agriculteurs s'opposent à l'expropriation de leurs terres
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A Perwez, quelques agriculteurs s'opposent à l'expropriation de leurs terres - © Photo Marc Mélon RTBF

A Perwez, plusieurs agriculteurs sont concernés par l'expropriation de terres agricoles. Ils s'opposent à l'idée du ministre wallon Carlo Di Antonio de créer un contournement de la commune. Caroline Jadin-Devillers, agricultrice, explique: "Le projet de contournement vise à rejoindre le rond-point de la sortie d’autoroute Thorembais-Saint-Trond au zoning actuel de la ville de Perwez. Ceci signifie que nous allons traverser un certain nombre de blocs de terres agricoles sur 3,5 kilomètres de long et ça va impacter plus de 140 hectares de terres agricoles"

Un champ coupé en deux

Si le projet se réalise, le champ de Caroline Devillers-Jadin et de son mari sera coupé en deux. Ce qu'ils n'acceptent pas: "Cette terre spécifiquement est aujourd’hui le cœur de notre exploitation. Elle représente plus de 30 hectares qui est totalement convertie au bio. C’est la seule terre que l’on peut arroser aujourd’hui. Elle est irriguée. Et cela nous permet de cultiver des cultures plus spécifiques telles que le légume ou la pomme de terre".

Pas de beton mais de la bonne terre de Hesbaye

Pour les agriculteurs, il est hors de question de laisser construire la voirie. Xavier Lambret, propriétaire de terres agricoles: "Nous avons ici des terres agricoles d’une qualité exceptionnelle. Qu’on ne bétonne pas des terres agricoles en Hesbaye. Il y a davantage d’alternatives pour construire des routes et des aménagements à faire avant d’aller bétonner des terres agricoles".

Des alternatives proposées par les agriculteurs

Aux heures de pointe, la circulation s'effectue péniblement. Les agriculteurs en sont conscients. Ils proposent des alternatives. Bernard Raucent, agriculteur: "Notamment des bypass, c'est-à-dire des tourne-à-droite, qui évitent aux automobilistes de devoir traverser le rond-point pour directement tourner à droite".

Un éclairage juridique demandé par la commune

La commune de Perwez a demandé à un avocat un éclairage sur ce dossier. Le bourgmestre marche sur des œufs. Il dégage l'une ou l'autre piste pour régler la problématique de la mobilité. Jordan Godfriaux: "Un des exemples pour améliorer la mobilité à Perwez, c’est évidemment de travailler sur le rond-point dit de la Ville de Wavre. Tant que nous n’aurons pas mené des actions concrètes de rénovation sur ce rond-point, la fluidité dans notre région ne sera pas suffisante".

Un pont déjà construit

Un pont a déjà été construit. Ne risque-t-il pas de figurer sur la liste des travaux inutiles? "La responsabilité de ce pont, je ne la porte pas du tout puisque c’est l’ancienne majorité qui a porté ce projet et qui a avancé tête baissée, sans avoir tous les feux verts", répond le bourgmestre MR.

Un contournement nécessaire pour des raisons de sécurité

André Antoine n'est plus bourgmestre de Perwez depuis les dernières élections communales. Pour lui, ce contournement est nécessaire, notamment pour des raisons de sécurité. "Ce pont a été construit sur propriété communale" explique André Antoine. "Maintenant, pour poursuivre les travaux, il faut exproprier les agriculteurs. C’est l’acte que vient de signer le ministre Carlo Di Antonio. Et il le justifie par plusieurs études qui toutes concluent au même constat: il y a danger mortel sur l’autoroute, risque d’accidents, bus bloqués, et des voitures qui perturbent la sérénité des riverains dans les villages".

Nous avons demandé un entretien au ministre wallon Carlo Di Antonio. Il ne souhaite pas répondre à nos questions.

 

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