Ottignies-LLN: une consultation populaire sur l'extension de l'Esplanade?

La population sera-t-elle consultée sur le projet d'extension du centre commercial L'Esplanade?
La population sera-t-elle consultée sur le projet d'extension du centre commercial L'Esplanade? - © Belga Image

Le projet d’extension du centre commercial L’Esplanade tourne au bras-de-fer politique à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Les élus de la liste OLLN 2.0 (MR) viennent de convoquer un conseil communal extraordinaire le 17 janvier. Ils veulent soumettre une proposition de consultation populaire sur le sujet.

Le MR est dans l’opposition à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Mais le code de la démocratie locale lui offre la possibilité d’une telle convocation, car il dispose d’au moins un tiers des sièges au sein du conseil.

"Nous pensons qu’il est important de demander l’avis des habitants sur le développement de leur ville, explique Cédric Jacquet, conseiller communal MR. Nous souhaitons que cette consultation soit organisée dans les trois mois. Il est temps d’atterrir dans ce dossier". Rappelons que le MR est lui-même favorable au projet, sous certaines conditions.

Les élus de l’opposition ont rédigé deux questions. La première : "Etes-vous d'accord, oui ou non, sur le principe d’une extension du centre commercial ?". La seconde : "Etes-vous favorable, oui ou non, au projet tel qu’on le connaît aujourd’hui ?". Mais le MR est ouvert à la discussion sur l’intitulé des questions, pour que l’on puisse connaître plus précisément les attentes de la population.

Délai trop court ?

Dans la majorité, on ne rejette pas l’idée d’une consultation des habitants. Mais on s’interroge notamment sur l’opportunité de l’organiser dans un délai si court, alors que le promoteur n’a pas encore introduit sa demande de permis, que son étude d’incidence n’est pas encore terminée, et que l’on ne connaît donc pas précisément les contours de son projet.

"Pour préparer l’étude d’incidence, il y a eu une réunion publique à laquelle beaucoup de gens ont participé. Des remarques ont été émises. Et ces remarques, le promoteur est obligé d’en tenir compte pour améliorer son projet, explique Julie Chantry, échevine Ecolo. Or l’étude n’est pas terminée, et nous ne connaissons pas le timing du promoteur. Aujourd’hui, on ne peut pas se prononcer sur le projet tel qu’il sera puisqu’il n’est pas encore finalisé".

Plusieurs élus de la majorité s’interrogent également sur l’intitulé des questions qui seront posées. Il faut pouvoir en tirer des arguments pour permettre à la ville de justifier un éventuel rejet du projet auprès du fonctionnaire délégué qui décidera de l’octroi du permis. Or, le mécanisme de la consultation populaire ne permet de répondre que par oui ou par non aux questions posées.

Pas d'urgence, selon le CDH

"Il faut aussi faire attention à ne pas casser la dynamique du succès à Louvain-la-Neuve, ajoute Cédric du Monceau, échevin CDH. Si on organise maintenant une consultation populaire et que les habitants rejettent l’extension, le projet sera mort politiquement, ce serait un signal négatif. Et s’ils l’acceptent, cela ne renforcera pas la ville dans les négociations futures avec le promoteur". Et le CDH d’expliquer que selon lui, il ne faut pas se précipiter…

Le temps, c’est une donnée cruciale dans le jeu qui se joue en ce moment. Car le code de la démocratie locale interdit toute consultation populaire dans les 16 mois qui précèdent les élections communales. Compte tenu de ces dispositions, une consultation populaire ne pourrait être organisée au-delà du dimanche 11 juin 2017. Mais le promoteur aura-t-il finalisé son projet d’ici là ?

Un dilemme pour la majorité?

La majorité est dans une situation délicate. Valider le principe d’une consultation populaire dans un délai rapide, ce serait donner des gages aux habitants de la commune dans un dossier sensible dont on sait qu’il est loin de faire l’unanimité. Mais ce serait aussi, peut-être, un coup dans l’eau, si les habitants doivent se prononcer sur un projet non-abouti.

A l’inverse, rejeter la proposition de consultation donnerait des armes à l’opposition qui aurait beau jeu de rappeler aux électeurs que la majorité a refusé de les consulter sur le projet d’extension.

En convoquant un conseil communal extraordinaire, le MR veut donc forcer la majorité à se positionner. Et il n’est pas impossible que des voix dissonantes se fassent entendre. Ces dernières semaines, certains conseillers de la majorité ont exprimé leur souhait qu’une consultation soit organisée.

Une majorité fissurée sur un dossier aussi symbolique, c’est évidemment ce dont rêvent les libéraux dans la perspective des élections communales du 14 octobre 2018.

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