Ottignies-LLN remplace quatre chaudières au gaz par une chaufferie au bois: les rejets de CO2 diminuent de 92%

Les déchets verts sont transformés en copeaux qui alimentent la chaudière via une vis sans fin.
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Les déchets verts sont transformés en copeaux qui alimentent la chaudière via une vis sans fin. - © Hugues Van Peel - RTBF

Ottignies-Louvain-la-Neuve passe à l’action pour réduire son empreinte carbone. Elle a financé l’installation d’une nouvelle chaudière au bois à Céroux-Mousty, pour chauffer l’école de Céroux, la salle des fêtes, un restaurant et la cure. L’investissement s’élève à 150.000 euros (avec un subside wallon de 35%), la ville compte l’amortir au bout de quinze à vingt ans.

Cette chaufferie de nouvelle génération remplace quatre engins vétustes qui consommaient 30.000 m³ de gaz par an. Elle se compose de trois parties: un silo de 40 m³ pour stocker le bois (il faudra sans doute le recharger cinq ou six fois par an), une chaudière ultra-performante alimentée automatiquement par une vis sans fin, et un grand ballon tampon de 5000 litres qui envoie l’eau chaude dans les différents circuits. Des compteurs de chaleur permettent de mesurer précisément la consommation de chaque bâtiment.

Le bois, moins cher que le gaz

Le premier avantage de cette installation, c’est la réduction drastique des émissions polluantes: 92% de CO2 en moins par rapport aux anciennes chaudières.

Deuxième avantage, le coût du combustible: le bois est quasiment deux fois moins cher que le gaz et son prix est stable.

"Ce prix ne dépend pas du tout de facteurs géopolitiques qu’on ne contrôle pas, explique Caroline Lambin, de la coopérative Coopeos, qui a mené le projet à bien. Ce qui coûte le plus dans le bois, c’est la main d’œuvre. Et le coût de la main d’œuvre évolue seulement avec l’indexation. Pour une commune ou pour une école, c’est donc très intéressant de pouvoir prédire son budget chauffage d’année en année."

Troisième avantage, les copeaux sont produits à partir de déchets provenant de l’entretien d’espaces verts. On recycle donc une matière première qui n’était pas ou peu valorisée jusqu'à présent.

"C’est une ressource locale, on travaille avec des déchets qui sont transformés en Wallonie, alors que nos anciennes chaudières étaient alimentées par du gaz provenant de l’étranger", précise Tanguy Boucquey, responsable énergie à la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Economie sociale 

Enfin, quatrième avantage, le bois est fourni par une entreprise hennuyère qui emploie des personnes fragilisées ou handicapées. Le projet a donc une dimension sociale. A terme, une plateforme de production similaire devrait être créée à Ottignies ou dans les environs.

"On va créer une activité économique en impliquant une série d’acteurs, que ce soit des communes, des entreprises de parcs et jardins, pourquoi pas des intercommunales, explique encore Caroline Lambin. Tout acteur qui a des déchets verts pourra participer au développement de cette plateforme."

Avec cette nouvelle plateforme, on créerait donc de l’emploi local, pour transformer des déchets verts produits localement en un combustible utilisé sur place.

C’est ce modèle vertueux que propose la coopérative Coopeos. D’autres institutions ou collectivités ont déjà été séduites. En Brabant wallon par exemple, l’école Notre-Dame de Céroux-Mousty a remplacé sa vieille chaudière au mazout par une chaufferie au bois l’an dernier. Et dans quelques jours, une installation similaire sera inaugurée aux serres communales de Nivelles.

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