Ottignies-LLN: la majorité Ecolo-cdH-PS signe un accord préélectoral, l'opposition très déçue

Les présidents des sections locales des partis de la majorité: Michaël Gaux (cdH), Viviane Willems (PS) et Denis Leduc (Ecolo)
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Les présidents des sections locales des partis de la majorité: Michaël Gaux (cdH), Viviane Willems (PS) et Denis Leduc (Ecolo) - © Hugues Van Peel - RTBF

La passion des premiers mois est peut-être émoussée, mais après 18 ans de collaboration, Ecolo, PS et cdH ont toujours envie de travailler ensemble à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Les trois partis de la majorité ont annoncé ce samedi leur intention de renouveler leur alliance citoyenne.

Devant les journalistes, les trois partenaires ont signé un document qui reprend les grands axes de la politique qu’ils comptent mener durant la prochaine législature, en matière de mobilité, d’aménagement urbain, de cohésion sociale, d’environnement et de participation citoyenne.

"Dans les différents contacts exploratoires, on s’est très vite rendu compte qu’on avait les mêmes constats sur de nouveaux enjeux, de nouveaux défis, et qu’on avait de nouvelles idées communes par rapport à ça", explique Denis Leduc, co-président de la section locale d’Ecolo.

"Les meilleures convergences, nous les avons trouvées avec Ecolo et le PS, poursuit Michaël Gaux, président de la section locale du cdH. Donc ça a été une évidence ces dernières semaines de pouvoir reconduire tout en proposant quelque chose de nouveau aux citoyens de la commune".

Même son de cloche chez les socialistes, dont la liste sera baptisée PS+ (mais dont le chef de file n'a pas encore été désigné). "On a quand même le cœur à gauche, explique Viviane Willems, présidente de la section locale. Si on va voir ailleurs, c’est à droite, donc on reste à gauche".

Transparence et ouverture

En dévoilant cet accord à moins de neuf mois des élections, Ecolo, cdH et PS affirment vouloir jouer la transparence à l’égard des électeurs. "Les accords secrets minent la confiance", entend-on. "Si on n’a pas la certitude d’avoir 50%, poursuit l'échevin Cédric du Monceau, chef de file de la liste Avenir (cdH), alors il est honnête de dire avec qui on veut travailler".

Mais au soir du scrutin, la majorité sera peut-être plus large que prévu. Car les trois partenaires se disent prêts à accueillir dans leurs rangs toute nouvelle force politique démocratique qui obtiendrait des sièges au conseil communal, pour autant qu’elle partage le programme établi. Ces derniers mois, des contacts ont été noués avec Défi ainsi qu’avec certains candidats potentiels de la liste citoyenne qui devrait se présenter.

L'opposition dénonce une tromperie

Pour l’opposition libérale, qui est aujourd’hui la première force politique de la commune (douze sièges sur 31 au conseil), le coup est rude. La liste OLLN 2.0 espérait constituer une liste de rassemblement avec le cdH, des contacts avaient aussi été noués avec Ecolo. Le rêve d’un retour aux affaires s’évapore brutalement.

"Je suis sous le choc, confesse Bénédicte Kaisin, tête de liste. Je vais voir avec mon équipe comment nous allons nous organiser. On devra être fort, sur le terrain, pour expliquer les enjeux à la population, mais c’est vrai que le moral n’est pas bon. Je trouve que c’est vraiment décevant. On a finalement l’impression que c’est une question de carrière politique pour certains. La priorité pour eux, c’est de maintenir leur poste et pas l’intérêt du citoyen ou le projet de ville".

"C’est une tromperie, ajoute Jacques Otlet, ancien bourgmestre MR. Ils annoncent cet accord préélectoral aujourd’hui et l’idée, c’est qu’au bout de neuf mois, les électeurs auront oublié. Et les gens iront voter traditionnellement pour Ecolo, pour le cdH ou pour le PS sans savoir que voter pour l’un, c’est voter pour l’autre. Le vrai combat politique démocratique aurait été que ces trois partis se mettent ensemble sur une liste commune face à la nôtre. Ici, c’est de la manipulation".

Une liste commune? Les trois partis de la majorité y ont pensé mais l'idée a rapidement été évacuée, pour préserver les spécificités et l’identité de chacun.

Si la majorité se maintient et que le rapport de force entre ses trois composantes ne change pas (dix sièges pour Ecolo, cinq pour la liste Avenir et quatre pour le PS), le maïorat reviendra à Julie Chantry, tête de liste Ecolo, qui serait ainsi la première femme élue bourgmestre à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Elle succéderait à Jean-Luc Roland qui termine son troisième mandat. "Je me sens plutôt confiante, mais je ne pars pas avec l’impression d’avoir tout gagné avant même de commencer, confie-t-elle. Nous sommes avec trois partis de qualité, avec des candidats de qualité. Chacun défendra sa ligne au sein de notre accord. Et on verra comment les choses se passeront".

Il est vrai que dans cette majorité, le chef de file de la liste Avenir affiche également de grandes ambitions. Cédric du Monceau clame haut et fort que lui aussi veut devenir bourgmestre, comme son père Yves du Monceau le fut pendant plusieurs décennies. Pour y parvenir, il espère d'abord que le départ de Jean-Luc Roland affaiblira Ecolo. Ensuite il veut ratisser large pour composer sa propre liste, y compris dans les rangs libéraux. Il a d'ailleurs profité de l'annonce de l'accord préélectoral pour lancer un appel aux membres de l'opposition à venir le rejoindre.

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