Mont-Saint-Guibert: un parc d'activité économique à 350 millions dans la sablière

Un parc de 100 hectares au creux de la sablière, en bordure de la N25 et de la N4
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Un parc de 100 hectares au creux de la sablière, en bordure de la N25 et de la N4 - © RBRE - Syntaxe

La sablière de Mont-Saint-Guibert est au cœur d’un projet de reconversion industrielle d’envergure. La société RBRE Capital Europe, spécialisée dans le financement et la structuration de projets immobiliers, a l’ambition d’y implanter un parc d’entreprises actives dans le secteur de l’environnement. Le coût s’élève à 350 millions d’euros (débloqués par tranches en fonction du développement du parc). RBRE déclare avoir le soutien de fonds d’investissements milliardaires et de plusieurs banques.

La zone concernée, idéalement située à proximité des grands axes, s’étend sur une centaine d’hectares, dont environ soixante seront destinés à la construction de bâtiments. "Quand vous faites un nouveau parc, l’un des critères importants, c’est la taille, explique Gabriel El Rhilani, CEO de RBRE Capital Europe. Si vous n’avez que cinq hectares, vous limitez déjà votre capacité d’appel des demandeurs. Quand vous avez cent hectares à développer, vous pouvez parler à plus de monde. Vous pouvez proposer plus de solutions, plus de flexibilité, ainsi qu’une rotation dans le parc."

Concrétisation dans quelques années

Dans ce parc viendront s’installer de grosses entreprises pourvoyeuses d’emplois, ainsi que des PME et des TPE (Très Petites Entreprises). Des contacts ont déjà été pris avec certains acteurs, mais aucun nom n’a été dévoilé. Il est vrai que le projet n’en est qu’à ses débuts. On évoque une période de dix à quinze ans pour voir le site complètement aménagé.

Des obstacles, il y en aura donc encore. La prochaine étape administrative sera la révision du Plan communal d’Aménagement (PCA). "Pour l’instant, c’est la commune de Mont-Saint-Guibert qui a la main, explique le bourgmestre Philippe Evrard (Ecolo). La sablière est en zone d’extraction, mais tout est extrait. Donc nous devons requalifier le site et le transformer en une zone économique." Le PCA révisé arrivera dans quelques mois.

Le promoteur RBRE a conclu des accords avec les propriétaires privés pour le rachat des terrains. Des contacts ont également été pris avec la Région wallonne pour évoquer les problèmes de mobilité. Car ce n’est pas tout d’installer des entreprises, il faut encore permettre au personnel d’y accéder. Or le rond-point de la N4 et de la N25 ainsi que l’accès à l’autoroute sont déjà congestionnés aux heures de pointe aujourd’hui. La situation sera pire demain si rien n’est fait.

"La mobilité est effectivement un gros chantier, confirme Gabriel El Rhilani. Clairement, le rond-point ne peut pas rester en l’état. Avec les propriétaires, nous avons déjà discuté d’une requête de la Région wallonne pour exproprier une bande de terre qui permettrait la création d’un tunnel pour le trafic sur l’axe qui relie la N25 à l’autoroute. Donc ça bouge."

Un parc auto-suffisant en énergie?

Actuellement, deux opérateurs sont installés au fond de la sablière: le centre de tri des déchets de l’Intercommunale du Brabant wallon et l’exploitant de la sablière, Shanks, également actif dans le secteur des déchets. D’ici quelques années, d’autres acteurs viendront les rejoindre. Et pour eux, l’accent sera mis sur l’énergie. L’un des objectifs est que le parc produise lui-même l’énergie dont il a besoin. Des panneaux photovoltaïques (100 000 mètres carrés au bas mot) seront installés sur les toits et d’autres techniques pourraient être utilisées.

Autre particularité, étant aménagé au fond de la sablière, le parc sera peu (ou pas) visible des axes routiers avoisinants. Les talus seront boisés, des étendues d’eau sont également prévues, ainsi que des toitures végétales sur certains bâtiments. Les entreprises seront nichées dans un écrin de verdure.

Quant aux activités de la sablière, elles se poursuivront sur une zone contiguë, le long de la N4 en direction de Corbais. Les exploitants se battent depuis près de quinze ans pour obtenir une extension de leur permis d’extraction. Ils devront sans doute encore attendre quelques mois, mais la Région wallonne semble cette fois disposée à leur accorder enfin son feu vert. Il était temps, car il n'y aura bientôt plus rien à extraire à cet endroit.

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