Mission To Mars: des étudiants de l'UCL prêts à partir

L'équipage au grand complet: le commandant, une biologiste, quatre ingénieurs civils et un astrophysicien.
L'équipage au grand complet: le commandant, une biologiste, quatre ingénieurs civils et un astrophysicien. - © Tous droits réservés

L’équipage 166 est le quatrième à partir vers le désert de l’Utah pour prendre part à cette mission. Il s’agit de rester deux semaines dans des conditions assez proches de ce que pourrait être la vie sur Mars pour une équipe de scientifiques. C’est un programme développé par la Mars Society américaine et c’est une belle occasion pour ces jeunes de concrétiser, presque, un rêve de gosse.

Faire "comme si"…

Ce dimanche, à l’Euro Space Center de Redu , l’équipage 166 était sur le pont. Le commandant Mathieu Roiseux, veille sur son équipe composée d’une biologiste, de quatre autres ingénieurs civils et d’un astrophysicien. "Chacun devra mener ses propres expériences lorsque l’on serra en situation là-bas dans le désert. Mais moi, je devrai surtout veiller à l’équipe, à la bonne entente du groupe, nous confie Mathieu. C’est sûr que c’est un rêve de gosse que je concrétise et je crois vraiment qu’un jour pas si lointain, on va retourner sur la Lune mais pour y faire plus de choses qu’en 1969."

En attendant, chacun s’essaie à la chaise multiaxe, une copie de celle qui a servi aux astronautes de la Nasa. Bertrand, le commandant en second, est le premier à monter dans l’engin qui va tourner sur lui-même mais dans toutes les dimensions. Une espèce de gros œuf qui ne bouge pas trop vite mais dans lequel il vaut mieux être bien attaché.

Impressions à l’arrivée ? "Ce n’est pas si mal, je ne pensais pas m’en sortir aussi bien, nous confie Bertrand Steenput, un futur ingénieur civil lui aussi. Moi aussi, j’ai toujours rêvé d’être astronaute. Maintenant, ici, c’est une chouette expérience. Je crois surtout que c’est le côté humain qui va être déterminant : on va devoir vivre en espace clos, on n’a des réserves d’eau et de nourriture que pour les deux semaines. Si on dépense tout et bien tant pis. Nous avons donc tout intérêt à bien nous entendre, à gérer les conflits dès le départ s’il y en a. Ça ne va pas être évident, mais on va le faire. Si une équipe partait sur Mars, elle partirait pour 500 jours et dans un espace restreint elle aussi. Donc, nous ne serons pas si loin de la réalité tout compte fait !"

Bertrand repart au sein du groupe prendre des nouvelles de l’un ou de l’autre qui vient de passer dans la machine. C’est vrai que là-bas, c’est lui aussi qui veillera à la santé de chacun.

"Mon expérience a foiré mais j’en garde que du positif !"

Un étudiant est un peu en retrait du groupe : Bastien Mathurin. Ce doctorant en hydraulique a participé l’an dernier à la Mission To Mars UCL. Il était alors étudiant en ingénieur civil. Aujourd’hui, il surveille et encadre ses collègues de manière à leur éviter de mauvaises surprises. "Par exemple, dit-il, j’ai conseillé à la biologiste de ne pas emporter avec elle les produits qu’elle destinait à expérimenter là-bas sur place. Car les Américains ne lui permettront pas de transporter ces produits-là. Il vaut mieux qu’elle les achète sur place." Un détail mais qui évitera quand même pas mal de soucis.
Et lorsque l’on demande à Bastien ce qu’il a retiré de son expérience au niveau de ses études. Il hésite un peu puis, en riant, ajoute : "Rien ! Absolument rien pour mes études. De manière directe en tout cas. Là-bas, mon expérience a raté. Par contre, au niveau humain, comme j’étais commandant de l’équipage, j’ai appris à gérer des hommes. Et ça, je l’applique tous les jours encore. C’est le côté humain le plus impressionnant. Et je ne doute pas un instant que cela me servira."

10 000 euros pour l’équipage au complet

Cette aventure de deux semaines a, on s’en doute, un coût. "C’est nous qui devons tout financier, répond Bertrand. Le vol, la nourriture sur place et même les produits qui serviront à nos expériences…"

Après un rapide calcul, l’étudiant lance un chiffre de 10 000 euros, pour l’équipage au complet. Ça fait quand même pas mal d’argent à trouver. "C’est pour ça qu’on lance, à partir de ce dimanche, un appel aux dons via notre page Facebook (Mission To Mars UCL) parce que les entreprises nous ont déjà donné et ce que nous avons ne suffit pas pour couvrir les frais."

Mais apparemment, cela n’a empêché aucun des étudiants choisis de prendre part à l’aventure et les équipages de 2017 et 2018 sont déjà en cours de constitution. Mars séduit bel et bien, même s’ il y a un petit risque de s’y retrouver seul…

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