Menaces envers l'ex-président d'Équateur à Louvain-la-Neuve: pas de peine requise

Menaces envers l'ex-président d'Équateur à Louvain-la-Neuve: pas de peine requise
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Menaces envers l'ex-président d'Équateur à Louvain-la-Neuve: pas de peine requise - © ERIC FEFERBERG - AFP

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a examiné vendredi un dossier dans lequel il est question de menaces et de coups envers l'ancien président de l'Equateur, Rafael Correa. Les faits datent du 8 juillet dernier et se sont produits à Louvain-la-Neuve où vit désormais l'ancien président. Le prévenu, German C., qui se dit journaliste d'investigation en Equateur, conteste s'être montré menaçant. Il affirme, au contraire, que c'est lui qui a été agressé par Rafael Correa et ses gardes du corps. Le ministère public estime pour sa part que German C. s'est bien montré hostile et a requis la suspension du prononcé, c'est-à-dire l'absence de peine même si la culpabilité du prévenu était reconnue par le juge.

Maintenu par les gardes du corps

Le jour des faits, le prévenu a été maintenu sur place, jusqu'à l'arrivée de la police, par les gardes du corps de Rafael Correa. Celui-ci avait été abordé en rue par German C., alors qu'il sortait d'un magasin en compagnie de sa fille. Il dit avoir essuyé des insultes de la part du prétendu journaliste. Il a également filmé avec son GSM le prévenu qui faisait mine de posséder une arme cachée dans son pantalon, portant plusieurs fois la main à sa ceinture.

De son côté, le prévenu filmait également l'ancien président avec un GSM durant la confrontation. Après avoir sorti non pas une arme mais le portefeuille qu'il avait placé dans une poche intérieure de son pantalon, German C. a voulu quitter les lieux. Mais il a été mis au sol et maîtrisé par les gardes du corps de l'ancien président.

Des menaces, oui, des coups, peut-être

La défense plaide qu'il n'y a eu aucune menace et qu'en revanche, German C. a voulu montrer à Rafael Correa qu'il n'était pas armé.

Les parties civiles et le ministère public estiment, par contre, que les images visionnées par la police ne laissent pas de place au doute: le prévenu voulait faire croire à son interlocuteur qu'il était armé et ses gestes constituent bien des menaces. En ce qui concerne les coups qui auraient été portés par German C. à l'ancien président et à un de ses assistants, la substitut a par contre laissé le soin au tribunal d'en décider. D'autres faits du même genre se seraient encore produits depuis le mois de juillet.

"Il est important de mettre un holà à ce comportement. Il existe des règles dans toutes les professions. Il y a des limites à ne pas franchir et monsieur Correa a droit à une vie privée. J'espère que tout cela va cesser", a déclaré la substitut sans s'opposer à une suspension du prononcé pour German C., qui n'a aucun antécédent en Belgique.

Le tribunal rendra son jugement le mardi 9 octobre.

Rafael Correa fait par ailleurs l'objet d'un mandat d'arrêt lancé par la justice équatorienne début juillet 2018. Il est accusé d'avoir commandité une tentative d'enlèvement d'un opposant politique lorsqu'il était au pouvoir dans son pays, en 2012.

 

 

Archive JT 04/07/2018

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