"Louvain-le-mec": un groupe Facebook d'étudiants crée la polémique avec des publications controversées

Polémique à Louvain-la-Neuve, un groupe privé Facebook est pointé du doigt pour des propos jugés sexistes, homophobes et racistes. Pour planter le décor, "Louvain-le-Mec" est un groupe Facebook privé comptant 11.000 membres et créé en réaction à un autre groupe sur le réseau social "Louvain-la-Meuf". Vous l’aurez compris : un groupe est uniquement composé d’hommes, l’autre de femmes. Dans les deux cas, pour la majorité, ce sont des étudiants et étudiantes de Louvain-la-Neuve.

Des captures d’écran de publications sur le groupe "Louvain-le-Mec" ont fuité. Si une grande partie des publications sont de l’ordre de l’humour "beauf" comparant les femmes à des lave-vaisselle, véhiculant le cliché que seul l’homme hétéro buvant de la bière est un "vrai mec"… Une part des publications dérape franchement. On retrouve en effet des publications sexistes, homophobes et racistes. Par exemple : des drapeaux nationalistes, des publications faisant la publicité de "Schild & Vrienden" (mouvement nationaliste flamand).

Bien que ces publications chocs existent, d’autres publications progressistes sur le ton de l’humour ou même pro-féministes trouvent de l’écho dans ce même groupe : comme ici lorsqu’un message féministe est dégradé ou lors d’une opinion sur des mesures de l’UCLouvain.

Les images de ces publications qui dérapent proviennent d’un communiqué anonyme et dont, tant "Louvain-le-Mec" que "Louvain-la-Meuf" se désolidarisent totalement à la vue des messages et des avis sur la partie féminine.

A propos de ces accusations d’homophobie et de racisme, l’un des créateurs et administrateur du groupe a souhaité réagir. “Ce sont des termes très forts et très choquants alors qu’ils sont complètements inappropriés”, affirme-t-il.

Sur le groupe qui compte plus de 11.000 membres, quelques commentaires ont été épinglés par un communiqué de presse anonyme dénonçant le groupe pour son attitude homophobe, misogyne et raciste. L’administrateur en question ne nie pas mais tient à mettre en contexte : “On a sorti deux commentaires parmi des centaines qui sont publiés quotidiennement. Commentaires pas ‘liké’ donc même pas approuvés par le groupe”.

Concernant les femmes comparées à des “lave-vaisselles”, l’étudiant interrogé reconnait : “Ce n’est pas très fin, pas très marrant après coup. Mais l’intention est juste une blague récurrente sans aucun message derrière”.

Et de conclure : “Les administrateurs ont demandé qu’on arrête avec cette blague là suite à la redondance, mais aussi parce qu’on se rendait compte que cela choquait à l’extérieur donc nous l’avons demandé. L’idée à été relativement bien suivie”.

L’UCLouvain recadre des étudiants

Quatre administrateurs du groupe sont des étudiants de l’UCLouvain. L’Université les a convoqués. Ils ont reçu un avertissement pour des contenus contrevenant aux valeurs de l’UCLouvain.

Les responsables du groupe "Louvain-le-Mec" avaient déjà réagi à la polémique dans la soirée de mercredi. Dans un communiqué, ils se présentaient comme un groupe dont l’objectif est "de réunir des hommes de Louvain-la-Neuve autour d’astuces, d’entraides, de blagues de soutien : un objectif de solidarité masculine".

Un argumentaire qui ne convainc guère. L’analyse de Tania Van Hemelryck, conseillère "genre" de l’UCLouvain, est toute autre. "Par rapport à ce type de discriminations, il y a toujours un repli de dire c’est de l’humour, c’est du folklore. Surtout dans la sphère étudiante. Là, l’UCLouvain est très claire : il n’y a pas de comptabilité à avoir avec ce type de propos, dès le premier propos. Nous le punissons fermement".

Si le groupe "Louvain-le-Mec" regroupe une large communauté étudiante qui ne cherche certainement qu’à rire, une partie des membres semble avoir un agenda politique et porte des valeurs d’extrême droite.

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