Les talibans à Kaboul : un cauchemar pour la famille Yusufi, qui redoute d’être un jour renvoyée en Afghanistan

Le retour express des talibans au pouvoir à Kaboul suscite une vive inquiétude chez la famille Yusufi, arrivée en Belgique en 2015. Installée à Grez-Doiceau depuis quelques années et en attente d’une régularisation, elle redoute d’être un jour contrainte de retourner en Afghanistan.

Les Yusufi font partie d’une minorité religieuse, les Hazaras, persécutée par les talibans. C’est pour cette raison que les parents ont quitté leur pays en guerre il y a un peu plus de 20 ans. Ils ont tenté d’y retourner par la suite, sans y parvenir. Ils ont passé quelques années en Iran, où la famille s’est agrandie, avant d’arriver en Belgique.

S’ils retournent maintenant en Afghanistan, ils en sont convaincus, c’est l’asservissement qui les attend, les mariages forcés pour les filles, sans doute la mort.

"Je ne vois pas d’espoir en Afghanistan, explique Hussain, 22 ans, l’aîné des fils qui suit des études pour devenir ingénieur. Je ne crois pas que la paix va s’installer, c’est impossible. Et nous n’aurions pas notre place là-bas, nous aurions beaucoup de problèmes et des menaces de mort. Et je n’ai pas envie qu’on finisse par être tués par les talibans."

Une vie d'attente et d'angoisse

Certes, la Belgique a décidé de ne plus renvoyer pour l’instant de réfugiés afghans dans leur pays d’origine. Mais la seule chose qui pourrait vraiment rassurer les Yusufi, c’est la garantie d’un avenir ici, avec des papiers.

"On a grandi en Belgique, cela fait six ans qu’on est en Belgique, on a fait des études, on a essayé d’avoir notre place et d’être bien intégré en Belgique. Mon père a essayé de trouver un travail, et comme il n’en a pas trouvé, il est finalement devenu bénévole à la Croix-Rouge. Tout ça montre à quel point on est attaché à la Belgique et à quel point on voit notre avenir en Belgique."

Aujourd’hui, les Yusufi ont la sensation désagréable de n’être nulle part chez eux. Sans famille et sans attache en Afghanistan, ce pays lointain où ils redoutent d’être un jour renvoyés. Sans papiers en Belgique où leur vie est comme suspendue à l’évolution de leur demande de régularisation.

"On est là, sans avenir, on est perdu. Imaginez que je termine mes études, comme je suis sans papiers, je ne peux pas travailler. Mon père est sans papiers donc il ne peut pas travailler. On est entre les deux, on ne peut rien faire."

Entourée par un comité de soutien, la famille Yusufi n’est pas seule. Mais le temps est long et les nouvelles qui proviennent d’Afghanistan accroissent l’angoisse d’essuyer, un jour, un refus définitif des autorités belges.

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