Les polices locales en sous-effectif: pourquoi les zones du Brabant wallon peinent à recruter?

La concurrence de Bruxelles où les policiers sont mieux rémunérés, ainsi que les prix de l'immobilier en Brabant wallon, expliquent en partie les difficultés de recrutement auxquelles les zones de police brabançonnes sont confrontées.
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La concurrence de Bruxelles où les policiers sont mieux rémunérés, ainsi que les prix de l'immobilier en Brabant wallon, expliquent en partie les difficultés de recrutement auxquelles les zones de police brabançonnes sont confrontées. - © JOHN THYS - AFP

En sous-effectif de façon presque structurelle, plusieurs zones de police du Brabant wallon peinent à trouver des candidats pour leurs postes vacants. Et ce n’est généralement pas une question de budget, les moyens pour engager sont là. Le problème est plus profond.

Parmi les facteurs expliquant ces difficultés de recrutement, il y a la concurrence des zones bruxelloises où il existe des primes liées au statut de grande ville ou au bilinguisme des agents.

"Deux ou trois candidats venus de Bruxelles se sont renseignés pour des emplois chez nous, mais ils n’ont finalement pas remis leur candidature parce que la perte financière était trop importante par rapport à leur situation actuelle, explique Laurent Broucker, chef de corps de la zone des Ardennes brabançonnes, qui regroupe les communes de Beauvechain, Grez-Doiceau, Incourt et Chaumont-Gistoux. Et je peux comprendre. 300 ou 400 euros de plus ou de moins, ça peut faire une grosse différence dans le budget d’un ménage."

Se loger en Brabant wallon, inabordable pour certains

Ensuite, il y a les prix très élevés de l’immobilier en Brabant wallon. Ils peuvent constituer un frein pour les policiers qui veulent habiter près de leur lieu de travail.

"Les candidats qui rentrent chez nous sont des jeunes qui n’ont pas forcément la possibilité de s’installer en Brabant wallon, poursuit Bernard De Maertelaere, chef de corps de la police de Wavre. Ils s’installent donc plus loin, en province de Namur notamment. Dans un premier temps, les trajets ne posent pas de problème. Mais au fil du temps, ils ont des enfants qui vont à la crèche puis à l’école, ils doivent rentrer à l’heure. Ces temps de déplacement deviennent donc une difficulté et les agents préfèrent rejoindre une zone plus proche de chez eux."

Et lorsqu’un policier s’en va, il n’est pas simple de le remplacer. Les procédures administratives sont longues, elles durent souvent plusieurs mois. Il arrive même que des candidats, découragés, finissent par aller voir ailleurs, même en dehors des services de police.

Une sélection drastique

Par ailleurs, le nombre d’inspecteurs qui réussissent leur formation de base serait insuffisant pour compléter les cadres manquants. Il arrive donc souvent qu’il n’y ait pas assez de candidats pour les postes ouverts. Et lorsqu’ils se présentent dans tel ou tel service, les candidats n’ont pas forcément le bon profil. Même en pénurie, les responsables du recrutement sont très sélectifs.

"Le stress causé par le manque d’effectifs ne doit certainement pas nous pousser à prendre des collègues pour lesquels on a des doutes par rapport à leurs compétences, à leurs qualités ou à leur comportement, explique encore Laurent Broucker. Parce qu’une fois qu’ils sont rentrés dans une zone de police, on a un peu plus de difficultés pour corriger le tir quand il y a des petits accidents de parcours."

Le manque de personnel pèse évidemment sur les équipes en place. Pour elles, il y a plus de travail et plus de gardes. Certains agents peuvent alors être tentés d’aller voir ailleurs, au risque d’aggraver encore la situation.

A Wavre, il y a pour l’instant huit emplois vacants, soit environ 8% du cadre opérationnel. Dans la zone des Ardennes brabançonnes, il manque dix personnes, soit un peu plus de 10% du cadre. Et d’autres zones, comme Ottignies-Louvain-la-Neuve et Braine-l’Alleud, ne sont pas beaucoup mieux loties.

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