Les parkings souterrains de Louvain-la-Neuve victimes de la crise sanitaire, mais les tarifs n'augmenteront pas

Alors que la vie reprend son cours, petit à petit, certains secteurs souffrent toujours énormément. C’est le cas des sociétés qui gèrent les parkings urbains. Le chiffre d’affaires de ces entreprises a considérablement diminué depuis un an. Et la reprise ne s’amorce que timidement.

A Louvain-la-Neuve par exemple, Mypark (groupe EFFIA) exploite 3.800 emplacements souterrains. Dès le début du premier confinement, le taux d’occupation s’est effondré. En avril 2020, l’entreprise n’a réalisé que 5% de son chiffre d’affaires habituel. Depuis, la situation a fluctué sans jamais revenir à la normale.

"Nous sommes souvent restés à des niveaux inférieurs à 50% de notre chiffre d’affaires, explique Julien Verdin, administrateur délégué. Pour vous donner d’autres exemples, en novembre de l’année dernière, on tournait aux alentours de 10-15%. En avril de cette année-ci, on était à environ 25%. Et en mai, nous avons senti des prémisses de reprise mais nous ne sommes encore qu’à 60 ou 65% du chiffre d’affaires."

Télétravail et confinement

Les gestionnaires de parkings comme Mypark distinguent deux types de clientèle. Il y a d’abord le client "de long terme": typiquement, un employé qui travaille en ville et qui laisse sa voiture toute la journée au parking. Le télétravail a pesé lourdement sur le taux d’occupation. On a constaté une sous-utilisation des cartes d’abonnement, parfois même des résiliations.

L’autre type de clientèle, ce sont les stationnements "de court terme": par exemple une personne qui va faire quelques courses ou déjeuner en ville avant de repartir. Là aussi les chiffres ont dégringolé, en raison cette fois du confinement. Et par la suite, lorsque les commerces ont pu rouvrir par exemple, on a constaté une diminution de la durée du stationnement.

Bien sûr, un parking n’est pas l’autre et l’occupation dépend des activités qu’on trouve au-dessus. A Louvain-la-Neuve, le parking Grand Place souffre particulièrement de la fermeture des cinémas, tandis que le parking de l’Accueil, situé sous l’Esplanade, bénéficie d’une reprise d’activité du centre commercial.

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Le taux d'occupation des parkings dépend de ce qu'on trouve au-dessus. Ici, dans la Grand Rue, quelques commerces et beaucoup d'Horeca. © Hugues Van Peel - RTBF

Des millions perdus

Globalement, tous les indicateurs ont donc fortement baissé en un an. Les pertes se chiffrent en millions d’euros, mais pas question pour autant d’augmenter les tarifs.

"Nous ne pensons pas que la solution passe par une augmentation tarifaire, poursuit Julien Verdin. Ce serait un mauvais calcul à long terme, car cela pourrait conduire à une perte de la clientèle qui s’orientera éventuellement vers d’autres pôles d’activité commerciaux."

Donc pas de hausse de prix, au contraire. Pour faire revenir la clientèle, Mypark va proposer des réductions en partenariat avec des acteurs locaux. Le groupe, également présent à Namur, Liège, Bruxelles et Anvers (entre autres), réfléchit par ailleurs à de nouveaux services à proposer à sa clientèle. Des bornes de recharge pour véhicules électriques pourraient ainsi apparaître en plus grand nombre. Les parkings pourraient aussi servir de zones de stockage pour des entreprises spécialisées dans la livraison de colis.

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