Les épicéas wallons menacés par les scolytes, abattages obligatoires avant le 31 mars

La chaleur et la sécheresse de 2018 ont entraîné une pullulation des scolytes dans les forêts.
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La chaleur et la sécheresse de 2018 ont entraîné une pullulation des scolytes dans les forêts. - © Hugues Van Peel - RTBF

La forêt wallonne est confrontée à une crise sanitaire de grande ampleur. C'est un petit insecte, le scolyte, qui en est la cause. Il a proliféré l'an dernier grâce à la sécheresse et à la canicule. Et les dégâts causés sur les épicéas sont énormes: entre 400 et 500.000m³ de bois sont touchés, c'est beaucoup plus qu'une année normale.

Pour enrayer l'épidémie, la Région wallonne recommande aux propriétaires d'abattre et d'évacuer les arbres malades ou déjà morts, pour éviter une nouvelle propagation des insectes et une contamination des arbres encore sains.

"Chaque point qui est scolyté peut servir de relais ou de point de départ d’une pullulation ou d’une extension du foyer, explique Quentin Leroy, de l'Observatoire wallon de la Santé des Forêts. Donc même s’il n’y a que quelques arbres dans un parc ou un jardin, il est important d’agir, sinon ces arbres vont servir de nurseries et vont permettre le développement de l’insecte dans les environs immédiats."

Agir avant la hausse des températures

Et il faut aller vite, l'idéal est de couper avant la fin mars. "Le 31 mars est une date purement technique liée au cycle biologique de l’insecte, poursuit Quentin Leroy. Ici, nous sommes en hiver, l’insecte est au repos. Mais en été, cet insecte a une démographie galopante. Chaque insecte va produire une centaine de descendants. La hausse des températures va lui permettre d’essaimer et de se développer. Donc il est important de sortir de nos forêts tous les arbres qui sont infectés, pendant que nous en avons le temps, pour éviter que l’insecte puisse se multiplier au printemps quand les conditions lui seront favorables."

En général, les scolytes connaissent deux cycles par an. Mais en 2018, il y en a eu trois. "Au lieu d’avoir un premier envol en mai-juin, on en a eu un au début du mois d’avril".

De minuscules trous sur le tronc, des morceaux d’écorces qui tombent et la cime de l’arbre qui brunit sont les signes les plus évidents de la présence des scolytes. Malheureusement, quand on les remarque, il est bien souvent trop tard.

"A la fin de l’automne, on a fait un inventaire pour repérer les arbres qui nous paraissaient suspects, explique Philippe de Wouters, directeur de la Société royale forestière de Belgique et propriétaire d’une petite parcelle d’épicéas à Chaumont-Gistoux, en Brabant wallon. On a une soixantaine d’arbres touchés, soit un tiers des épicéas de la parcelle. Il y a plusieurs milliers d’insectes par arbre, ils creusent leurs galeries sous l’écorce, c’est ce qui empêche la sève de monter."

Ce propriétaire devra donc couper sans trop tarder ces arbres malades ou déjà morts. Il espère malgré tout pouvoir encore valoriser ce bois, mais il se serait tout de même bien passé de ces insectes ravageurs. "Pour nous, c’est évidemment une perte, puisque ces arbres étaient en pleine croissance. Donc ça contrarie ce qui était prévu dans cette parcelle".

Et même en coupant ces arbres malades, il n’est pas certain d’être débarrassé des scolytes. Il devra inspecter sa parcelle au printemps et en été pour s’assurer que les épicéas qui sont encore sains aujourd’hui n’ont pas été contaminés.

La forêt wallonne modifiée, à terme?

Malgré l’ampleur des dégâts constatés cette année, la forêt wallonne n’est pas menacée. Mais elle s’en trouvera peut-être modifiée. Car après avoir coupé, il faudra bien replanter. Et il n’est pas dit qu’on plantera partout de nouveaux épicéas. Les propriétaires devront se référer au fichier écologique des essences, qui impose certaines essences en fonction de la nature du terrain.

Toutes les informations sur le site www.scolytes.be.

Journal télévisé 18/01/2019

La scolyte fait des ravages dans les forêts wallonnes

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