Les archéologues de retour sur le champ de bataille de Waterloo

Le champ de bataille de Waterloo n'a pas encore livré tous ses secrets
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Le champ de bataille de Waterloo n'a pas encore livré tous ses secrets - © Hugues Van Peel - RTBF

Les archéologues du projet Waterloo Uncovered sont de retour à la ferme d’Hougoumont à Braine-l’Alleud, haut-lieu de la bataille de Waterloo. Ils ont repris lundi les fouilles entreprises l’an dernier juste avant le bicentenaire. "Il s’agit de comprendre pourquoi les Français, qui étaient pourtant plus nombreux, n’ont pas réussi à franchir le mur d’enceinte et à s’emparer de la ferme", explique Dominique Bosquet, archéologue au Service public de Wallonie.

Le 18 juin 1815, les combats à Hougoumont avaient fait des centaines de morts. La résistance des alliés est encore vénérée aujourd’hui par les soldats qui appartiennent au régiment anglais des Coldstream Guards.

Détecteurs de métaux

Concrètement, plusieurs tranchées ont été creusées juste à côté du mur d’enceinte, dans la killing zone, surnommée ainsi en raison du nombre important de soldats français qui y ont été tués. Equipé de son détecteur, Olivier fait partie de ceux qui ratissent les tranchées à la recherche d’objets métalliques. Patiemment, il plante des drapeaux jaunes et oranges aux endroits signalés par son appareil. "Les drapeaux sont de couleurs différentes car avant même de creuser, nous pouvons dire si les objets détectés sont ferreux ou non-ferreux. Cela donne déjà une idée aux archéologues sur ce qu’ils vont trouver".

Dans chaque tranchée, des centaines d’objets métalliques sont découverts. Tous ne datent pas de l’époque de la bataille, il y a aussi des pièces de monnaie courante, des capsules ou des morceaux de ferraille. Mais on trouve donc quantité de balles de mousquets en plomb, de tailles différentes suivant qu’elles sont anglaises ou françaises. Chaque objet est répertorié, les archéologues vont même jusqu’à prendre leurs coordonnées GPS. C’est essentiel car l’emplacement des balles donne des indications précises sur le positionnement des soldats pendant les combats.

A la recherche de charniers

Les archéologues espèrent aussi pouvoir retrouver les zones où les corps ont été brûlés ou enterrés après la bataille, c’est le volet mémoriel du projet Waterloo Uncovered. D’autres tranchées ont ainsi été creusées à l’emplacement du parking, derrière la ferme. "C’est un endroit illustré sur des gravures anciennes comme étant un endroit de traitement des corps, explique encore Dominique Bosquet. Donc nous allons voir autour de la dalle de béton et puis en dessous si on ne trouve rien autour".

En fait, l’Intercommunale Bataille de Waterloo 1815 souhaite aménager un nouveau parking à cet endroit. Il faut donc d’abord vérifier que des corps n’y sont pas enfouis. "Si c’est le cas, le parking sera aménagé ailleurs, ajoute l’archéologue, et il faudra réfléchir à ce que nous ferons de ces corps". Un jardin de la mémoire pourrait ainsi être créé.

Quelques tâches charbonneuses ont été découvertes dans ces tranchées, avec de minuscules fragments d’ossements brûlés. Mais rien ne permet pour l’instant de dire qu’il s’agit bien de restes humains.

Une soixantaine d’archéologues, de volontaires et d’anciens militaires britanniques sont mobilisés pour ces fouilles qui s’achèveront le 15 juillet.

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