Portrait de Robert Vertenueil, probable successeur de Marc Goblet à la FGTB

Robert Vertenueil était en réunion au siège de la FGTB wallonne ce mercredi matin à Namur. Pendant ce temps-là, l'aile francophone de l'interrégionale bruxelloise parrainait sa candidature à l'unanimité à la tête du syndicat. Une étape vers un poste qui ne devrait pas lui échapper.
Robert Vertenueil était en réunion au siège de la FGTB wallonne ce mercredi matin à Namur. Pendant ce temps-là, l'aile francophone de l'interrégionale bruxelloise parrainait sa candidature à l'unanimité à la tête du syndicat. Une étape vers un poste qui ne devrait pas lui échapper. - © Laurence LENNE

Sauf énorme surprise, il devrait être bientôt à la tête de la FGTB. Le brabançon Robert Vertenueil, 51 ans, a franchi une première étape ce mercredi  matin. Il a été parrainé à l'unanimité par l'aile francophone de l'interrégionale de Bruxelles de la FGTB. Demain jeudi, ce sera autour de l'interrégionale wallonne du syndicat de faire de même. "Une formule pour dire que je deviens le candidat officiel des Wallons et des Bruxellois" explique Robert Vertenueil. Sa nomination devra ensuite être entérinée lors d 'un congrès fédéral prévu en juin. Qui est ce militant qui n'a pas sa langue en poche?

51 ans, Nivellois d'adoption. 15 ans aux mutualités socialistes puis 15 ans de syndicalisme

Le Nivellois de 51 ans est le seul candidat à la succession de Marc Goblet comme secrétaire général de la FGTB. (Poste dévolu à un francophone, la présidence étant exercée par le néerlandophone Rudy De Leeuw). "Je suis né dans un hôpital bruxellois, d'un papa borain et d'une maman allemande". Robert Vertenueil passe son enfance à Quaregnon puis s'installe avec sa famille en Brabant wallon. "Je suis un enfant de Nivelles, investi dans la vie associative et folklorique de la région".

Je rêvais de devenir régent en maths-physique.

Côté formation, il  fait ses études secondaires à l'Institut provincial de l'enseignement technique de Nivelles. "J'ai fait ce que l'on appelle des humanités en transition technique, en travaux publics et construction. Je suis passé ensuite à l'Ecole normale, car je rêvais de devenir régent en maths-physique. Mais j'ai arrêté au où moment le régendat passait de 2 ans à 3 ans. Je m'interrogeais sur mon avenir et j'étais déjà engagé socialement. J'ai eu la possibilité d'entrer aux mutualités socialistes du Brabant wallon via un examen d'entrée que j'ai réussi, alors je me suis lancé dans la vie professionnelle."

Il  y passe 15 ans puis s'engage dans le combat syndical. Il est d'abord permanent syndical à la Centrale générale puis secrétaire régional du Brabant wallon en 2006, secrétaire fédéral en charge de la construction en 2008 et enfin secrétaire général en 2015.

Flegmatique, franc et toujours lui-même

"Je ne réfléchis pas au style que je voudrais donner à la FGTB si j'en deviens le secrétaire général. Je veux rester moi-même." A la question, comment vous définiriez-vous, la réponse fuse. "Je suis flegmatique, je laisse venir mais après je tiens bon. Je ne me fatigue jamais, que les patrons le sachent, je peux rester des heures à négocier. Sinon, je suis franc et je reste naturel. J'étais impulsif avant, mais avec mes cheveux blancs, c'est passé (rires)". 

Marc Goblet est le premier à qui  j'ai parlé de ma candidature

Le nivellois a appelé Marc Goblet avant de se décider à poser sa candidature. "Marc a été le premier à qui j'ai téléphoné. Je savais qu'il avait des problèmes de santé. Je voulais connaître ses intentions exactes sur son départ d'abord, et savoir ensuite si il pensait que je pouvais être un bon candidat. Il m'a dit que oui,  mais qu'il fallait que je me renseigne sur le soutien que j'avais au sein du syndicat. J'ai un peu posé des questions autour de moi, et comme le soutien avait l'air présent, alors j'ai décidé d'être candidat". Et en coulisses, quand on interroge permanents et autres mandataires, les réponses vont toutes dans le même sens. "C'est un gars humble, honnête, intègre, bon négociateur." Et quand on demande à Robert Vertenueil, si le fait qu'il n'y ait qu'un seul candidat au poste de "grand boss" à la FGTB , ce ne serait pas selon lui  un signe de manque motivation au sein du syndicat? Il répond. "Le fait que je sois le seul candidat, cela peut aussi vouloir dire que je fédère et que j'ai du soutien."

Conseiller communal PS à Nivelles durant 18 ans. Critique envers son parti

"C'est un ancien échevin de Nivelles qui m'a proposé de me présenter sur les listes PS en 1988. Je n'ai pas été élu, mais ce fut le cas en 1994".  Il occupera ce poste durant 18 ans jusqu'en décembre 2012. "J'ai mené de front mon rôle de conseiller communal avec celui de syndicaliste, mais j'ai quitté mon mandat quand mes fonctions à la FGTB sont devenues plus importantes et trop prenantes".

Je suis vexé, choqué par ce qui se passe. C'est mon avis en tant qu'affilié au PS.

Quand on lui demande ce qu'il pense du Parti socialiste aujourd'hui et de l'actualité liée au scandale Publifin, il répond. " Je donne mon avis comme simple affilié du PS:  je suis vexé,  choqué par ce qui se passe. C'est profondément choquant. Moi qui ai été un simple conseiller communal en ménageant ni ma peine ni mes heures, qui ne m'en suis jamais mis plein les poches, je ne peux évidemment n'être que choqué par l'attitude de certains. Mais encore une fois,  je ne parle qu'en tant qu'affilié lambda: je veux laisser la responsabilité au parti de prendre les décisions qui doivent se prendre."

Moi j'ai envie que les dégoûtants s'en aillent, il y aura moins de dégoûtés. Mais c'est l'affaire du parti. Les responsables du parti socialiste sont suffisamment grands pour savoir ce qu'ils ont à faire."

Qui  doit partir au PS? Robert Vertenueil ne donne pas de nom mais cite une expression pour résumer ce qu'il ressent. "Un vieux militant nivellois  me disait souvent cette fameuse expression, -lorsque les dégoûtés seront partis, il ne restera plus que les dégoûtants-. Moi j'ai envie que les dégoûtants s'en aillent, il y aura moins de dégoutés... ce sera plus simple. Mais encore une fois, j'estime que les responsables du Parti socialiste sont suffisamment grands pour savoir ce qu'ils ont à faire" Et quand on lui demande si il compte rester affilié au Parti socialiste, il répond. "Oui, parce que j'espère que le Parti socialiste puisse redevenir ce qu'il a été, un grand défenseur de la classe ouvrière."      

 Parmi ses défis : "résister face au gouvernement antisocial"

"Je veux avant tout défendre les travailleurs face au gouvernement fédéral qui pour moi incarne la régression sociale. Je veux aussi avec toute l'équipe du syndicat trouver les formes de résistance. Mon credo c'est de savoir ce que la base veut que je fasse." Robert Vertenueil se dit conscient de l'image parfois "difficile à défendre" des syndicats auprès de la population. "Je ne suis pas contre l'action syndicale classique, et on ne saura pas défendre les intérêts des travailleurs sans embêter personne. Mais on doit travailler sur notre image. C'est clair."

Après le parrainage du comité régional bruxellois du syndicat ce mercredi, (à l'unanimité donc) ce jeudi matin, ce sera au tour du comité régional wallon de valider sa candidature.  Le congrès fédéral de la FGTB votera début juin pour entériner la décision. "On parle de la date du 9 juin en principe mais la date pourrait encore changer."

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