Le conflit s'enlise chez GSK: la direction regrette l’attitude des syndicats et demande la fin des actions qui perturbent la production de vaccins

Syndicats et direction de GSK se sont rencontrés ce mardi matin, après une semaine d’arrêts de travail et de blocages sur les sites du groupe pharmaceutique à Wavre, Rixensart et Gembloux. Mais la réunion a tourné court, les représentants du personnel ont rapidement quitté les lieux.

"La réunion n’a pas duré plus de cinq minutes, déplore Patrick Florent, administrateur délégué de GSK Vaccines en Belgique. Un des prérequis à la discussion a été que GSK paie les jours de grève, ce que nous avons évidemment refusé de faire. Les délégués syndicaux ont quitté la salle de réunion."

Une proposition sur la table

La direction avait pourtant une proposition à faire concernant la prime annuelle que reçoit le personnel de GSK. Récemment, l’annonce d’une modification du système de bonus des ouvriers et des employés a fait bondir les syndicats. GSK dit avoir entendu et compris les doléances et souhaite avancer sur un système hybride pour le calcul des bonus.

"Notre idée était de venir avec un système double pour ce bonus. Une partie serait liée à la performance de l’entreprise et une autre partie serait beaucoup plus locale. Par exemple, dans ce que j’appelle le bonus local, l’objectif à atteindre avant la fin de l’année doit être connu au début de l’année, nous nous engageons à le faire. Maintenant, c’est l’effort de tous qui fera que cet objectif sera atteint ou pas. Je rappelle que cette prime est une partie variable, elle doit donc refléter une certaine performance."

Procédure en conciliation

Mais la direction n’a donc pas pu présenter cette proposition de solution. Patrick Florent regrette l’attitude des syndicats.

"On est quand même dans une situation où il y a pas mal d’activités qui sont perturbées ou arrêtées. Et tout ça a une conséquence très claire, c’est que des vaccins ne sont pas fabriqués, libérés et envoyés dans des pays qui en ont besoin. Donc ces actions ont un impact sur les soins de santé. Et ça, c’est déplorable, surtout quand il y a quelque chose sur la table. Je suis vraiment très chagriné par ça."

Pour tenter de renouer le dialogue, une procédure en conciliation a été lancée.

"Si on ne parvient pas à avoir un dialogue normal avec nos représentants syndicaux dans la société, on le fera au travers de cette conciliation. Mais je préfère nettement avoir une discussion franche et saine entre nous, c’est toujours celle-là que je vais privilégier."

En attendant, GSK demande à son personnel et aux syndicats de mettre un terme aux actions entamées la semaine dernière. Mais le message risque fort bien de rester lettre morte. Contacté en fin de journée, Imdat Gunes, délégué principal FGTB, indique que les actions vont s'intensifier. "Nous ne demandons qu'une seule chose, c'est qu'on ne touche pas au système de prime des ouvriers et des employés", déclare-t-il.

Sujet JT du 08/06/2021

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