Le Château de Limelette transformé en hôtel de standing, voici l'ambitieux projet du groupe Everland

Un nouvel avenir se dessine pour le Château de Limelette (Ottignies-Louvain-la-Neuve), qui fut autrefois un fleuron de l’hôtellerie en Brabant wallon. Tombé en faillite en 2018 et laissé à l’abandon, l’établissement a été racheté l’an dernier par le groupe Everland qui veut lui redonner son lustre d’antan.

Au mois de janvier, le nouveau propriétaire a présenté une première mouture de son projet aux habitants du quartier, lesquels n’ont pas manqué de dire tout le mal qu’ils en pensaient. Depuis lors, Everland a revu sa copie. Le groupe vient de déposer une demande de permis en bonne et due forme qui fera l’objet d’une enquête publique du 23 décembre au 15 janvier (une réunion d'information publique en visio-conférence est aussi prévue le 6 janvier).

Nature et bien-être

L’hôtel qu’Everland souhaite ouvrir sera un établissement de caractère et de standing, orienté vers la nature et le bien-être. Tout sera fait pour que les clients ne quittent pas les lieux durant leur séjour: nouvelle piscine, saunas, fitness, espace de soin et de relaxation. Par rapport aux services similaires que l’ancien hôtel proposait déjà, Everland a réduit la superficie mais promet des installations modernes et complètement repensées.

En diminuant aussi de façon significative les salles de réunion (de douze à trois) et en supprimant l’ancien bar-discothèque ainsi que le terrain de tennis extérieur, Everland confirme vouloir limiter la mixité des fonctions au sein de l’établissement. La priorité sera bien l’activité hôtelière pour une clientèle cherchant le calme et la détente, par rapport aux événements festifs (comme des mariages) et aux séminaires professionnels qui génèrent davantage de nuisances et de problèmes de mobilité.

La réduction du nombre de salles de séminaires permettra par ailleurs de gagner de la place. Everland souhaite faire passer le nombre de chambres de 88 à 133. Quant à l’espace bar-restaurant, il sera réservé principalement aux clients de l’hôtel.

3 images
L'hôtel comptera 133 chambres aménagées dans un style chaleureux et contemporain, selon le groupe Everland. © Everland

Des travaux d'envergure

Voilà pour le programme, dans les grandes lignes. Le projet est ambitieux, manifestement bien ficelé, et le chantier s’annonce colossal. A l’extérieur, les nombreuses annexes ajoutées au fil du temps de façon anarchique seront supprimées. Certains bâtiments en mauvais état seront démolis et remplacés par d’autres constructions mieux intégrées, en veillant à une certaine uniformité architecturale de l’ensemble. Quant à la façade principale, elle sera rénovée.

Une grande attention sera aussi portée aux abords et au jardin, afin de redonner de l’éclat au site, tout en respectant la zone Natura 2000 située juste à côté. La dimension paysagère est considérée comme un élément essentiel du projet.

3 images
Le concept de l'hôtel: nature et bien-être. Plus de mariages et d'événements festifs pour ne pas effrayer la clientèle. © Everland

A l’intérieur, les différents espaces seront agencés de façon plus cohérente, pour faciliter la circulation et les interventions des services de secours en cas de besoin. Les équipements techniques seront tous remplacés par du matériel performant, moins bruyant et moins gourmand en énergie.

Convaincre la ville et les riverains

Prêt à dépenser des millions, le nouveau propriétaire est plus que jamais convaincu du potentiel que représentent le site et la marque "Château de Limelette". Mais le plus dur reste à faire: convaincre les autres, tant la Ville que les riverains.

Du côté des autorités communales, Yves Leroy, échevin de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, ne manifeste pas un fol enthousiasme à l’idée de voir une activité hôtelière d'envergure relancée à cet endroit, alors que l’offre est déjà abondante dans les environs, notamment à Louvain-la-Neuve. Un projet immobilier plus modeste, de type résidentiel par exemple, lui semble mieux adapté. Mais tout le monde ne partage pas cet avis au sein du collège. Et certains s'interrogent: cet hôtel ne vaut-il pas mieux qu’un chancre?

Quant aux riverains, ils ont récemment constitué une ASBL (Les Amis du Bois de Lauzelle) pour défendre leurs intérêts. Ce qu’ils craignent avant tout, c’est le bruit et le trafic. A moyen terme, ils redoutent aussi une ouverture de l’établissement à un public plus large et un retour des activités festives et de séminaires (et leur cortège de nuisances) si l'hôtel haut de gamme d’Everland ne fonctionne pas aussi bien que prévu. Les modifications apportées au projet initial seront-elles de nature à les rassurer?

L’enquête publique qui va bientôt commencer leur permettra d’exprimer leur avis. Mais au final, c’est la ville qui aura le dernier mot.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK