Le boum des inscriptions à l'université: les recteurs demandent un soutien financier au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Les inscriptions en première année à l'UCLouvain ont progressé de 14% cette année (photo, septembre 2019)
Les inscriptions en première année à l'UCLouvain ont progressé de 14% cette année (photo, septembre 2019) - © Hugues Van Peel - RTBF

Un peu plus de trois semaines après la rentrée académique, l’UCLouvain a fait ses comptes. Comme dans les autres universités francophones, le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter. Cette année, 5.000 jeunes ont choisi de s’inscrire pour la première fois à l’Université catholique de Louvain, soit une augmentation de 14% par rapport à l’an dernier.

"Sans doute est-ce dû pour partie au fait que certains des élèves de fin de secondaire qui avaient un projet international, peut-être une année sabbatique ou des études en dehors de la Belgique, se sont retrouvés à devoir poursuivre leur projet en Belgique, explique Vincent Blondel, recteur de l’UCLouvain. C’est un des éléments. Mais ça reste une surprise, parce que la proportion dans laquelle l’augmentation se fait est quand même très importante."

Plusieurs filières en forte hausse

Et la croissance est encore plus importante dans certaines filières. En pourcentage, les progressions sont parfois spectaculaires. C’est le cas pour les sciences de la motricité (éducation physique) où on enregistre 62% d’inscriptions en plus en première année.

Les sciences de la santé connaissent également un joli succès, peut-être faut-il y voir un effet de la crise sanitaire que l’on traverse actuellement: +20% de nouveaux inscrits en médecine, +63% en dentisterie et +32% en sciences médicales.

En hausse constante depuis des années, les sciences économiques et de gestion continuent leur progression, tout comme les études scientifiques.

Le financement par étudiant diminue

Mais l’UCLouvain et les autres universités ont-elles les moyens d’absorber autant de nouveaux étudiants? Une telle croissance nécessite évidemment un encadrement plus important (professeurs, assistants et personnel administratif) et des capacités d’accueil renforcées. Or, les universités fonctionnent avec une enveloppe fermée. Ce qui veut dire que plus le nombre d’étudiants augmente, plus le budget par étudiant diminue.

"Sur les quinze dernières années, nous avons eu une diminution du financement par étudiant de 20%", s’inquiète Vincent Blondel.

Dans un communiqué, le Conseil des Recteurs francophones (CReF) interpelle donc le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et lui demande d’intervenir en urgence.

La situation est d’autant plus préoccupante pour les universités qu'elles ont dû faire face à des dépenses imprévues cette année, en raison de la pandémie de coronavirus. La généralisation du télétravail, de l’enseignement et des examens à distance, ainsi que l’aide sociale aux étudiants, l’aménagement et le nettoyage régulier des locaux et les besoins exceptionnels en support administratif, ont coûté collectivement 17 millions d’euros aux six universités francophones.

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