La sablière de Chaumont-Gistoux veut s'étendre sur 110 hectares, demande de permis introduite

A l’étroit depuis des années, la sablière de Chaumont-Gistoux veut étendre ses activités. Elle vient d’introduire une demande de permis pour exploiter 110 hectares que la Région wallonne a fait passer en zone d’extraction il y a tout juste quatre ans.

Pour la SA Hoslet, l’exploitant de la sablière, cette étape est cruciale. Le permis sollicité lui garantirait du travail pour une nouvelle période de vingt-cinq à trente ans, à un rythme de production moyen de 800.000 tonnes par an. Aujourd’hui, pour éviter de tomber à court de matière première, la sablière a réduit sa production à quelque 350.000 tonnes, mais elle compte bien monter en capacité d’ici cinq ans.

"Attention, vingt ans ou trente ans, pour un exploitant, ce n’est rien du tout, explique Arnold Gérard, l’une des chevilles-ouvrières du projet. C’est comme si c’était demain ou après-demain. Pour obtenir la modification du plan de secteur de la Région wallonne, on a mis vingt-trois ans. Et cela fait déjà quatre ans que nous sommes à l’étude de ce fameux projet."

Libérer le centre de Chaumont-Gistoux

L'entreprise est déjà propriétaire d’environ 60% des 110 hectares convoités, mais toute la zone ne sera pas directement exploitée. Ainsi, dix hectares seront réservés pour la construction des nouvelles installations de la SA Hoslet. Les bureaux, l’atelier mécanique et le truck-wash, actuellement situés dans le centre de Chaumont-Gistoux, devront déménager vers la sablière, c’est l’une des compensations exigées par les pouvoirs publics.

"Il y a toutes sortes d’inconvénients liés à notre présence dans le centre qui vont disparaître, comme la poussière et le charroi, poursuit Arnold Gérard. La population va se sentir beaucoup mieux."

De fait, le déménagement de l’entreprise sur le site de la sablière va donner de l’air au centre de la commune, traversé quotidiennement par plusieurs centaines de camions.

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La société Hoslet, basée dans le centre de la commune, va déménager et s'installer sur le site de la sablière. © Hugues Van Peel - RTBF

De coûteuses compensations

Par ailleurs, pour désengorger la chaussée de Huy, la SA Hoslet va construire une voirie à travers champs (en site propre) et un rond-point pour que les camions rejoignent plus facilement l’autoroute en passant par la N243a. Elle financera également l’installation d’un mur anti-bruit le long de la E411 pour protéger le village de Libersart (commune de Walhain) des nuisances sonores des camions.

"Rien que le déménagement de nos installations, c’est de l’ordre de dix millions d’euros. La voirie et le rond-point, ce sera sûrement de l’ordre d’un million et demi à deux millions d’euros. Le mur anti-bruit, c’est un peu plus d’un million d’euros. Et je ne vous parle pas encore de l’acquisition des terrains. Donc il ne faut pas imaginer que nous allons faire fortune, au contraire. Nous allons devoir être très regardants pour essayer de respecter le budget qu’on s’est fixé. Tout est toujours très coûteux, mais comme nous pourrons l’amortir sur plusieurs années, cela nous permet d’être raisonnablement optimistes."

Préserver l'emploi

Pour l’exploitant de la sablière, le coût de ces compensations est aussi le prix à payer pour maintenir l’emploi.

"Nous avons nonante ouvriers et dix employés dont on peut dire qu’environ la moitié sont des habitants de Chaumont-Gistoux. L’autre moitié provient des communes riveraines. Ce sont donc aussi des emplois qui seront sauvegardés et qui pourront peut-être même s’accroître en fonction des besoins que nous aurons une fois que nous serons installés de l’autre côté."

Cela dit, l’entreprise devra encore patienter plusieurs mois avant d’obtenir une réponse à sa demande de permis. Le dossier, complexe et volumineux, va maintenant suivre un long parcours administratif et sera aussi soumis à une enquête publique à Chaumont-Gistoux et Walhain, directement concernées, ainsi que dans les communes voisines d’Incourt et de Perwez.

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