La clinique Saint-Pierre d'Ottignies dit oui aux chiens d'assistance

Angelo peut compter su Quartz pour se rendre à la clinique Saint-Pierre
2 images
Angelo peut compter su Quartz pour se rendre à la clinique Saint-Pierre - © RTBF

Ils sont essentiels pour leur maître. Ils le guident, l’aident, l’avertissent du danger et certains parviennent même à prédire une crise d’épilepsie et à prévenir leur maître avant qu’elle ne survienne. Les chiens d’assistance sont une aide précieuse pour les personnes malvoyantes, aveugles, épileptiques ou à mobilité réduite. Pourtant, certains hôpitaux continuent de les refuser à l’entrée, ce qui constitue un vrai problème pour les personnes accompagnées "Sans mon chien Quartz, je ne pouvais pas trouver l’accueil. Je devais demander de l’aide. Avec mon chien, je peux me débrouiller seul. Même pour me rendre à l’hôpital, je peux le faire seul, c’est important" nous raconte Angelo, malvoyant. mais ça, c'est de l'histoire ancienne. Depuis plusieurs mois, son chien est autorisé dans les couloirs de la clinique Saint-Pierre à Ottignies "Je revis, j’ai la liberté d’aller sur place, c’est beaucoup plus facile. Quartz, c’est mes yeux" nous confie l’homme.

"Besoin du chien comme d’autres ont besoin d’une chaise"

C’est grâce à Mariel Johan, infirmier, si la clinique accepte désormais les chiens d’assistance. Pour lui, il est essentiel qu’un patient puisse se présenter avec son guide à 4 pattes "Je pense qu’une personne déficiente visuelle ou porteuse d’un handicap qui a besoin d’un tel chien, en a besoin comme une personne en fauteuil roulant à besoin de son fauteuil" explique-t-il. L'infirmier a alors tenté de convaincre sa direction. Cela n’a pas été facile, mais il a fini par y arriver "On est un centre de soin, on n’y fait pas n’importe quoi et les chiens ne sont pas toujours envisageables dans ce type d’environnement. Mais avec de bons arguments et l’exemple canadien où cela se fait depuis longtemps, la direction s’est dit pourquoi pas. Et aujourd’hui, vous voyez quatre chiens qui accompagnent leurs maîtres" dit fièrement l’infirmier qui a d’ailleurs accueilli un jeune chien d’assistance pour l’éduquer.

Cette décision a évidemment ravi les associations qui forment ces chiens d’assistance et qui accompagnent les personnes en situation de handicap. L’ASBL Os’mose est l’une d’entre elles. Eric Hardy y est formateur "C’est très important, car sans son chien une personne peut vivre des situations dangereuses. Certains chiens sont formés pour prévenir les crises d’épilepsie avant qu’elles n’arrivent. Sans lui, ces personnes font une crise et ne s’y attendent pas. Elles peuvent tomber et se blesser". La présence du chien est donc essentielle aux yeux du formateur qui salue l’initiative de la clinique Saint-Pierre "C’est super bien. C'est une goutte d’eau dans l’océan car il y a encore du travail, mais c’est très bien car les chiens sont mal vus à cause de l’hygiène. Mais c’est très important de pouvoir venir ici avec son chien. Il facilite la vie du maître".

Mais la clinique a tout de même imposé plusieurs règles. Les chiens ne sont autorisés que pour accompagner leur maître en consultation. Pas question de venir avec son compagnon pour rendre visite ou aller dans des zones ou l’hygiène est strictement réglementé comme aux soins intensifs. Les maîtres doivent aussi présenter la carte que la fédération belge des chiens d’assistance leur a délivrée pour justifier la présence du chien. Enfin, le personnel médical lui, ne peut pas caresser les chiens.

Que dit la loi ?

Si la clinique Saint-Pierre accepte les chiens, d’autres hôpitaux les refusent et demandent qu’ils restent dehors. Les chiens d’assistance peuvent pourtant pénétrer dans les hôpitaux. La loi belge les y autorise mais plusieurs éléments peuvent justifier un refus dont celui-ci :

Art.4. L’accès aux lieux ouverts au public peut être refusé :

  • Par un règlement spécifique à ces lieux motivé par des exigences d’hygiène, de santé publique, de sécurité ou d’impossibilité d’aménagement raisonnable. Les restrictions en matière d’hygiène et de santé publique pourront être admises dès lors qu’il s’agit de locaux ou de parties de locaux spécifiquement consacrés à l’administration de soins, à la réalisation d’actes médico-techniques.

Dès lors, chaque hôpital applique ce point de la loi à sa manière et certains plus durement que d’autres à tel point qu’ils refusent catégoriquement les chiens d’assistance. La raison invoquée est évidemment l’hygiène. Ces établissements estiment aussi que les personnes accompagnées d’un chien peuvent se faire guider par du personnel médical ou un proche.

Pour les associations comme Os’mose et les Amis des aveugles, il est préférable d’uniformiser les règlements hospitaliers. Elles souhaitent que tous les établissements appliquent la même règle et que les zones interdites aux chiens d’assistance soient mieux définies.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK