La cellule GISER, un outil précieux qui aide les communes wallonnes à réduire le risque d’inondations et de coulées de boue

Les orages et les pluies torrentielles de ces dernières semaines ont causé de gros dégâts. Et on se pose à chaque fois les mêmes questions : comment réduire le risque ? Comment se protéger ? En Wallonie, les communes peuvent faire appel à un organisme spécialisé dans la gestion des sols. Il s’agit de la cellule GISER (Gestion intégrée Sol Erosion Ruissellement), créée il y a dix ans : elle a notamment pour mission d’identifier les endroits sensibles et de proposer des solutions. 160 communes sur 262 ont déjà eu recours à ses services.

La cellule GISER intervient après la phase d’urgence, quand tout est plus ou moins rentré dans l’ordre. Elle observe les traces d’érosion dans les champs, ce qui lui permet de remonter à la source de l’écoulement problématique. Après une analyse détaillée, elle établit un rapport et formule des recommandations. Mais ensuite, ce sont les communes qui doivent agir.

"Il y a des communes qui sont très actives, voire proactives, explique Brieuc Michel, expert à la cellule GISER. Par exemple, la semaine dernière, une commune m’a pointé deux ou trois sites problématiques, bien avant les inondations. Il y a aussi des communes que nous avons accompagnées au début et qui ont ensuite engagé quelqu’un qui s’occupe spécifiquement de cette matière. Ils ne font plus appel à nous que pour des précisions. Mais ça, ce sont les bons élèves. Il y a d’autres communes qui nous contactent, on fait le rapport puis on n’a pas forcément de retour ni de suivi. Elles nous recontactent quelques années après pour le même site et on constate que rien n’a été mis en œuvre."

Retenir la terre dans les champs

Avec les intempéries de ces dernières semaines, de nombreuses communes moins actives vont sans doute se remettre au travail. Il leur faudra notamment discuter avec les agriculteurs, négocier la mise en place de dispositifs pour retenir les terres en bordure des champs : fascines, haies, fossés, bandes enherbées, les solutions ne manquent pas.


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Les particuliers victimes de coulées de boue et d’inondations se sentent souvent impuissants, mais ils ont aussi un rôle à jouer pour limiter le risque. © Hugues Van Peel – RTBF

Mais s’il faut tout faire pour empêcher la boue d’envahir les rues en cas de coulées, il faut aussi réfléchir aux moyens de limiter l’érosion.

"Dans un champ, on va par exemple regarder la longueur des pentes. Sachant qu’au-delà de 150 mètres de longueur, ça devient problématique, peu importe l’inclinaison de la pente. Dans ces cas-là, et même si c’est parfois délicat à faire passer, on va proposer de scinder le champ en parcelles plus petites, avec des cultures différentes, ce qui permet de bloquer un début d’écoulement d’une culture à l’autre, d’un champ à l’autre."


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Dans certains cas, la cellule GISER peut aussi proposer aux agriculteurs de modifier leurs pratiques, pour que le sol résiste mieux à l’impact des pluies et à l’écoulement de l’eau.

Une responsabilité collective

Mais tout ne repose pas sur les agriculteurs. Les pouvoirs publics ont bien sûr un rôle à jouer : ils financent la construction d’infrastructures plus lourdes, comme des bassins d’orage, et doivent veiller à l’entretien des équipements hydrauliques par exemple.

De même, pour protéger leurs biens, les particuliers peuvent aussi se retrousser les manches : aménager un petit fossé au bout de leur jardin pour absorber les écoulements provenant d’un champ tout proche, nettoyer les caniveaux, avaloirs et autres rigoles, observer le trajet des écoulements et libérer le passage pour favoriser le ruissellement (et ne pas le dévier chez les voisins) ou encore placer des barrières anti-inondations (batardeaux).

Bref, c’est une responsabilité collective. Et c’est l’addition de ces mesures qui donne des résultats, au fil des ans. Le risque ne disparaît jamais totalement, mais on peut l’atténuer, et vivre avec plus sereinement.

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