Jodoigne: des registres paroissiaux de l'Ancien Régime découverts sur une brocante

Les trois registres en excellent état sont désormais conservés à Louvain-la-Neuve
2 images
Les trois registres en excellent état sont désormais conservés à Louvain-la-Neuve - © Hugues Van Peel - RTBF

C’est une trouvaille hors-du-commun qu’un habitant de Jodoigne a faite sur une brocante il y a trois ans à Tirlemont. Il a découvert trois registres paroissiaux du village de Neerheylissem. Ces documents datent des 17ème et 18ème siècle et sont en très bon état.

"J’aime beaucoup la généalogie et l’histoire, explique le découvreur, Willy Thiry. Et lorsque j’ai vu cette malle, je me suis penché, j’ai fouillé et j’ai découvert ces ouvrages qui avaient une forme différente. Il y avait l’inscription Neerheylissem en grandes lettres sur la couverture, ce qui a tout de suite retenu mon attention."

Willy Thiry ne s’est cependant pas rendu compte tout de suite de l’importance historique de ces documents. Il ne s’y est intéressé que bien plus tard, avant de les confier très récemment aux Archives de l’État à Louvain-la-Neuve où le public peut les consulter jusqu'au printemps prochain (les documents seront ensuite numérisés et disponibles sur Internet).

"Dans ces registres, les curés consignaient les actes de baptême, de mariage et de décès des habitants de la paroisse, explique Marie Van Eeckenrode, attachée scientifique aux Archives de l’État. C’est une mission qui leur avait été confiée par le gouvernement central des Pays-Bas sous l’Ancien Régime. Ces documents ont une grande valeur historique, parce que bien souvent c’est la seule trace qui reste des personnes qui ont vécu dans cette paroisse. On peut ainsi retracer la composition des familles, les liens entre les personnes, les parents et leurs enfants, les témoins de mariage, les parrains et marraines… Et bien souvent les curés inscrivaient aussi les éphémérides dans ces carnets: un événement exceptionnel, un tremblement de terre… Donc on y trouve toutes sortes d’informations sur la vie des paroisses à cette époque".

52 registres retrouvés depuis 2008

Ces registres sont donc des documents officiels et pas des documents religieux. En 1795, lors de la création des officiers de l’état civil, les registres auraient dû revenir aux communes, puis plus tard aux Archives de l’État. Mais certains se sont perdus en cours de route.

La découverte de Willy Thiry n’est pas exceptionnelle, mais elle est tout de même très importante. "On a fait de gros efforts ces dernières années pour retrouver la trace des registres disparus et pour les rendre accessibles à tous sur Internet, poursuit Marie Van Eeckenrode. Rien que pour le Brabant wallon, on en a récupéré une cinquantaine depuis 2008". Mais de nombreux autres sont toujours dans la nature, peut-être perdus à tout jamais.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK