"Je rêve en français, pourquoi retourner faire des cauchemars au Kosovo?"

Elèves et professeurs ont protesté contre l'expulsion de la famille Caravaku
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Elèves et professeurs ont protesté contre l'expulsion de la famille Caravaku - © Hugues Van Peel - RTBF

Ils étaient plusieurs centaines ce lundi matin dans la cour de l’Athénée Riva Bella à Braine-l’Alleud. Elèves et professeurs ont exprimé leur soutien à une famille kosovare menacée d’expulsion. Les deux enfants de cette famille, Aurela et Eldion Caravaku, sont scolarisés dans l’établissement brainois: Aurela est en 5e année (technique de qualification gestion) et son frère Eldion est en 3e (technique automobile). Elle veut être avocate, il souhaite devenir mécanicien.

La famille Caravaku est arrivée du Kosovo il y a cinq ans. Elle se bat depuis pour pouvoir rester en Belgique mais l’Office des Etrangers a rejeté toutes ses demandes. Un nouvel avis négatif a été transmis à la famille la semaine dernière. "Ils disent qu’on doit quitter le territoire pour jeudi, explique Aurela. Mais on va se battre comme on s’est battu les dernières fois aussi, on va tout faire pour rester ici. Et je tiens à préciser que là-bas, au Kosovo, on est en danger, alors qu’ici en Belgique on est en sécurité".

Comme ses parents et son frère, Aurela n’envisage pas un instant de retourner au Kosovo, sa vie est ici depuis cinq ans. "On s’est intégré, on a appris la langue, on va à l’école, on a plein d’amis, tout le monde nous soutient". Et Aurela conclut avec une jolie formule : "Je rêve en français, pourquoi retourner faire des cauchemars au Kosovo?"

Un dossier délicat

Le dossier de la famille Caravaku n'est pas simple. Faute de permis de travail, le père est sans emploi, et la mère souffre d’une profonde dépression. Pour le comité de soutien qui les accompagne depuis des années, l’état de santé de Lindita Caravaku pourrait empirer si elle retournait au Kosovo, ce qui rend donc impossible son expulsion. Un argument que l’Office des Etrangers rejette. "Cette famille est victime de harcèlement juridique, déplore Claude Debrulle, du comité de soutien. Et la menace est imminente dans la mesure où on ne sait jamais comment l’Office des Etrangers peut pratiquer. En août, sans délai et sans préavis, la police a été envoyée pour embarquer tout le monde, il a fallu renvoyer en urgence un recours devant le Conseil du Contentieux qui a cassé l’ordre de quitter le territoire".

Le sort de la famille Caravaku n’est pas encore joué. Un recours a été introduit contre le dernier avis transmis la semaine dernière par l’Office des Etrangers. Les prochaines semaines pourraient se révéler décisives.

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