« J’peux pas, j’ai lecture » pour lutter contre l’échec à Nivelles

« J'peux pas, j'ai lecture » pour lutter contre l'échec à Nivelles
« J'peux pas, j'ai lecture » pour lutter contre l'échec à Nivelles - © RTBF

Tout arrêter et se poser pendant un quart d’heure avec un livre. C’est le concept « J’peux pas j’ai lecture ». Il a été instauré il y a quelques semaines à l’Institut provincial d’enseignement technique de Nivelles. Le but de cette phase test, c’est lutter contre l’échec scolaire. Et pour cela, les professeurs n’hésitent pas à interrompre leur cours… et pas seulement les profs de français.

« Rappelez-moi la coiffe que portent les évêques ? La mitre ! Très bien. A présent, fermez votre cours et allez chercher un ouvrage dans la boîte à livre. » Lors de son cours d’histoire de 2e secondaire à l’Institut provincial d’enseignement technique à Nivelles, le professeur Vandeloise arrête son cours le temps d’un quart d’heure. Pendant ces quinze minutes, les élèves choisissent le livre qu’ils souhaitent et s’y plongent dans le silence.

Gwenaëlle a choisi une BD, un Gaston Lagaffe. « On lit un peu plus et du coup, on a un peu plus de vocabulaire. » Thomas a opté pour un roman historique. « J’avais souvent mon GSM en main. Maintenant, j’y vais de moins en moins », a-t-il constaté.

Chez les rhétos, c’est la même démarche. « J’habite à Bruxelles, explique Louana, férue de lecture. Comme j’ai un long trajet en train, j’ai toujours un livre avec moi… mais je préfère m’aventurer dans les livres de l’école pour sortir de ma zone de confort. »

Mieux maîtriser le français

Pour mettre ce projet en place, l’école a fait appel aux dons. Elle espérait récolter 2500 livres pour les mettre dans les classes. Elle en a reçu plus de 4000. Les professeurs les ont triés en fonction des âges et les installer dans les classes. L’idée : que les élèves voyagent dans le fabuleux monde de la littérature pendant un quart d’heure au moins.

Élémentaire ? Pas tant que ça à l’heure du numérique. « Le but est d’abord de redonner le goût de la lecture aux jeunes, explique Ingrid Cheron, professeur de français à l’origine du projet. C’est aussi l’occasion de prendre un quart d’heure pour soi, pour se trouver, se déconnecter… mais aussi leur permettre de développer leur esprit critique et leur vocabulaire. Bref, d’apprendre et d’échanger. »

C’est aussi une manière de lutter contre l’échec, « l’un des objectifs du Pacte d’excellence », explique la directrice de l’école, Carine Sevranckx. « Le pacte d’excellence vise une amélioration des résultats des élèves et la diminution du taux de redoublement et du décrochage scolaire. La stratégie « J’peux pas, j’ai lecture » a pour objectif de redonner confiance au jeune en ses aptitudes et donc de mieux appréhender la langue de l’enseignement... et donc d’être meilleur dans toutes les branches. » Le tout, grâce à une opération transversale à tous les cours.

Si le test est concluant, l’école passera d’un quart d’heure par semaine à quatre sessions hebdomadaires à partir du mois de décembre.

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