Infanticide à Genappe: la mère avait placé de la méthadone dans la soupe de ses enfants

Infanticide à Genappe: la mère avait placé de la méthadone dans la soupe de ses enfants
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Infanticide à Genappe: la mère avait placé de la méthadone dans la soupe de ses enfants - © Tous droits réservés

Le tribunal correctionnel a entamé mardi l'examen du dossier à charge de Maïté Levêque, une habitante de Genappe née en 1982 qui a empoisonné ses deux enfants à la fin du mois de février 2016. Joaquin, 10 ans, n'a pas survécu alors que les secours ont pu sauver Mégane, de deux ans son aînée, ainsi que la prévenue elle-même qui avait tenté de se suicider.

Lors de l'interrogatoire d'audience, Maïté L. a expliqué qu'elle avait placé de la méthadone dans la soupe qu'elle a préparée et qu'ils ont bue ensemble. La prévenue présente cet acte comme une décision prise en concertation avec ses deux enfants.

A cause de la décision d'éloignement

Maïté L. ne supportait pas que ses deux enfants soient placés en dehors du milieu familial suite à une décision des juridictions de la jeunesse. D'après ce qu'explique la prévenue, les enfants l'appelaient tous les soirs en pleurs depuis l'internat et ils pleuraient également le week-end pour ne pas réintégrer cet internat. Lors des faits, alors qu'elle les hébergeait pour le week-end, elle leur a expliqué qu'elle ne pouvait rien faire, et que cette décision d'éloignement avait été prise contre son gré par la justice.

Elle leur a alors proposé de "partir ensemble" et a mixé dans de la soupe de la méthadone ainsi que des psychotropes prescrits par son médecin traitant. Le petit Joaquin a bu toute cette soupe, tandis que Mégane n'a pas pu le faire, vu le goût du mélange. Sa mère lui a alors donné des gélules à ingérer directement. Puis tous les trois se sont allongés sur un lit.

J'ai suivi mon cœur qui m'a dit que je devais suivre ma maman et ma sœur

Dans une lettre qu'il a laissée, Joaquin a écrit: "J'ai suivi mon cœur qui m'a dit que je devais suivre ma maman et ma sœur. Je suis désolé, papa". Mégane, de son côté, avait aussi envoyé un SMS à une de ses copines pour lui dire que, si elle n'était pas présente à l'école le lundi, c'est qu'elle serait morte avec sa mère. Un SMS corrigé deux minutes plus tard par un autre message: "Je rigole, appelle-moi".

La prévenue a également laissé une lettre d'adieu s'adressant "aux vautours qui ont fichu en l'air (sa) vie et celle de ses enfants", et dans laquelle elle vise les services d'aide à la jeunesse (SAJ) et de protection de la jeunesse (SPJ).

La présidente Sophie Sterck a demandé à la prévenue, durant l'interrogatoire d'audience, si elle avait obligé les enfants à écrire les lettres retrouvées après le drame. "J'ai dit que j'écrivais une lettre et que s'ils le voulaient, ils pouvaient écrire aussi", a répondu Maïté L.

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