Hausse du minerval: le sitting des étudiants de l'UCL, un coup de force justifié ?

Les étudiants dénoncent la possibilité d’augmenter les frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne.
Les étudiants dénoncent la possibilité d’augmenter les frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne. - © Belga

Après une pause de trois jours ce week-end, ils veulent reprendre l’occupation ce mardi matin. Les étudiants de l’UCL ont bien l’intention de passer une dixième nuit devant le bureau du recteur si la rencontre avec le ministre Marcourt cet après-midi ne donne aucun résultat.

Un tel "coup de force" se justifie-t-il ?

Ce n’est pas pour rallonger les heures d’ouverture des cercles, vous vous en doutez. C’est un combat symbolique mené par les étudiants, celui de l’accès aux études universitaires avec un minerval décent. Et ici, ils dénoncent la possibilité d’augmenter les frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne.

Alors, pour faire simple, les universités francophones demandent aujourd’hui cinq fois le minerval d’un étudiant belge. Désormais, elles auront le droit de réclamer jusqu’à 15 fois ce minerval, soit plus de 12 000 euros. Et rien que cette éventualité horripile les étudiants. Ils demandent donc aux autorités de l’UCL d’assouplir leur position.

Pourquoi une telle excitation ?

La mobilisation est similaire à l’ULB, même si le climat y est un peu moins tendu. Pourquoi est-ce que le combat prend une telle proportion ? Pourquoi toute cette excitation maintenant ?

Ça chauffe parce que les étudiants estiment qu’ils ne sont pas entendus. Cela fait un an, disent-ils, qu’ils souhaitent mettre ce sujet sur la table et que l’UCL botte en touche en expliquant que ce n’est pas de son ressort. C’est vrai que ce nouveau règlement sur les frais d’inscription, c’est une décision de l’ARES, l’instance, la coupole qui chapeaute les universités francophones. Du coup, on a d’un côté l’UCL qui ne semble pas pressée d’en discuter, en tout cas pas comme ça, pas avec le couteau sous la gorge ; et de l’autre, des étudiants frustrés qui font le forcing pour obliger les autorités à négocier.

Camper devant le bureau du recteur, est-ce la solution ?

C’est un geste fort et ce qui est sûr, c’est qu’il n’était pas prémédité. L’occupation s’est réalisée dans l’improvisation totale, les étudiants n’avaient rien pour dormir, se changer ou même pour manger et les autorités, prises de court, surprises elles-mêmes par ce mouvement, n’ont pas aidé les étudiants à s’organiser.

Qui sort gagnant d’un tel bras de fer ?

On a envie de dire personne parce qu’il va laisser des traces. Tout dépendra aussi de l’issue du conflit, les étudiants ont obtenu une rencontre avec le ministre Marcourt, mais ils viennent aussi de griller une cartouche car même si l’enjeu est important, il ne concerne pour l’instant que 5% des étudiants.

On peut se demander que feront les organisations estudiantines lorsqu’il s’agira de défendre un droit fondamental qui touchera, cette fois, 100% des étudiants. Ils ne pourront pas à chaque fois jouer la carte de l’occupation.

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